RALENTISSEMENT ÉCONOMIQUE
Selon la dernière note de conjoncture sectorielle publiée par la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale, l’économie des pays de la zone CEMAC connaît un nouveau ralentissement. Après une légère baisse au deuxième trimestre 2025, l’activité économique a encore diminué au troisième trimestre. L’Indice Composite des Activités Économiques (ICAE) de la CEMAC s’est établi à 2,4 % au troisième trimestre 2025, contre 3,3 % au trimestre précédent. Comparé à la même période en 2024, où l’indice était de 5,9 %, ce ralentissement est encore plus net.Cette situation s’explique en partie par la faiblesse des activités pétrolières et gazières dans la sous-région, qui ne sont pas compensées par la croissance des autres secteurs. En effet, les activités non pétrolières ont progressé de 3,0 % en 2025, légèrement en dessous des 3,3 % enregistrés en 2024. En revanche, les activités pétrolières et gazières ont reculé de 1,2 %, après une baisse de 0,3 % l’année précédente. Ce contraste explique en grande partie la baisse globale de la croissance économique.
Une inflation en baisse et des prix plus stables
Sur le plan des prix, la situation est plus favorable. L’inflation dans la zone CEMAC a continué de ralentir et est passée en dessous du seuil communautaire. En moyenne annuelle, le taux d’inflation est tombé de 4,3 % en septembre 2024 à 2,8 % en septembre 2025. Sur un an, il est encore plus bas, à 1,4 %, contre 4,1 % un an plus tôt. Cette baisse résulte principalement de la stabilisation des prix des services de transport et du ralentissement marqué des prix des produits alimentaires.
L’inflation sous-jacente, qui mesure la hausse des prix hors éléments volatils comme l’alimentation et l’énergie, a également reculé. Elle est passée de 3,0 % en moyenne annuelle en septembre 2024 à 2,7 % en septembre 2025, après 2,8 % en juin 2025. Sur un an, elle est tombée à 1,8 %, contre 2,3 % en juin 2025. Cette évolution montre que la pression sur les prix devient plus modérée dans la région.
Perspectives de croissance pour 2025
Pour l’ensemble de l’année 2025, les prévisions de la CEMAC indiquent une croissance sous-régionale de 2,4 %, légèrement en dessous de la projection initiale de 2,6 %. Cela reste inférieur à la croissance de 2,7 % enregistrée en 2024. Cette performance s’explique par la faiblesse des activités non pétrolières et par la contraction des secteurs pétroliers et gaziers.Les perspectives sur l’inflation sont également positives. Le taux d’inflation moyen devrait revenir à 2,2 % en 2025, contre 4,1 % en 2024, confirmant un ralentissement significatif des pressions sur les prix.
Finances publiques : une légère amélioration malgré le déficit
En matière de finances publiques, on observe une légère amélioration. Le solde budgétaire, en prenant en compte les engagements mais hors dons, passerait de -1,6 % du PIB en 2024 à -1,4 % du PIB en 2025. Cependant, le solde du compte courant, incluant les dons officiels, se détériorerait à -2,9 % du PIB, contre 0,3 % en 2024. Cette dégradation est liée à la baisse des exportations pétrolières, elle-même due à la baisse des prix et des volumes sur le marché international.
Masse monétaire et réserves de change
La masse monétaire dans la zone CEMAC devrait augmenter de 5,1 %, pour atteindre 21 977,7 milliards. En revanche, les réserves de change devraient légèrement diminuer, de 2,6 %, pour s’établir à 6 377,3 milliards au 31 décembre 2025. Le taux de couverture extérieure de la monnaie passerait à 67,0 %, contre 74,9 % fin 2024. Les réserves exprimées en mois d’importations de biens et services seraient de 4,25 mois, contre 4,87 mois l’année précédente.
Vigilance face à la dépendance pétrolière
L’économie de la zone CEMAC traverse une période de croissance modérée, freinée par les secteurs pétroliers et gaziers. L’inflation, elle, continue de ralentir, ce qui est une bonne nouvelle pour les consommateurs. Les finances publiques s’améliorent légèrement, mais le déficit du compte courant reste préoccupant. La vigilance reste de mise, surtout face à la dépendance aux exportations pétrolières et aux fluctuations des prix mondiaux.