VERS LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
Différencier croissance et développement
Le Gabon, comme beaucoup de pays en développement, est en pleine réflexion sur la manière de faire évoluer son économie pour assurer un avenir meilleur à ses citoyens. Au cœur de cette démarche se trouve la nécessité de concilier croissance économique et développement social. Lors d’une récente intervention sur un plateau télévisé, Thierry Minko, ministre de l’Économie, a partagé sa vision et ses stratégies pour atteindre ces objectifs ambitieux.
Dès le début, Thierry Minko insiste sur l’importance de différencier croissance et développement. « La croissance, c’est d’abord le produit intérieur brut, la valeur de notre économie, les taxes, l’importance de notre marché, des affaires », explique-t-il. Il précise que « la croissance a d’ailleurs été souvent importante au Gabon parce que nous avons la chance d’être dans un pays avec des minerais qui sont importants. » Cela montre que le pays possède des ressources naturelles qui peuvent contribuer à une croissance économique forte.
Une croissance forte mais pas toujours synonyme de progrès social
Cependant, le ministre met en garde contre une vision trop simpliste : « La leçon que les Gabonais ont apprise, c’est qu’avoir un taux de croissance élevé n’est pas nécessairement équivalent à un taux de développement élevé. » Pour Thierry Minko, il ne suffit pas d’atteindre des chiffres impressionnants pour garantir le bien-être des citoyens. « Le développement, c’est le bien-être, la santé, les conditions de vie qui devraient amener au bonheur et à la prospérité de la population », précise-t-il
Il insiste aussi sur la nécessité pour le gouvernement de poursuivre une double stratégie : « Dans le cadre de la mise en œuvre du projet de société du chef de l’État, il est question de poursuivre ou même d’accélérer la croissance. » Mais cette croissance doit aller au-delà des revenus pétroliers. « Nous parlons de la transformation des minerais, de l’agriculture, du secteur forestier qui vont être la base de notre croissance », ajoute-t-il.
Le développement du capital humain comme levier essentiel
Thierry Minko insiste aussi sur le rôle crucial du capital humain dans cette croissance : « Mais en plus de cela, nous avons un capital humain qu’il va falloir développer, des emplois qu’il va falloir créer pour que cela se matérialise en bien-être des Gabonais. » La croissance ne peut pas être durable si elle ne profite pas à la population. Il rappelle que « c’est ça la différence entre la croissance et le développement. »
Une planification stratégique pour atteindre les objectifs
Le ministre évoque également l’importance d’une planification précise pour réussir cette transition. « Il faut une stratégie claire, une planification assez précise de là où nous voulons aller, » affirme-t-il. Il souligne que « le chef de l’État s’est engagé et nous a présenté un projet sur sept ans. Mais l’atteinte des objectifs de ce projet ne peut se faire que si nous parvenons à arrimer, séquencer nos différentes interventions pour que chaque secteur contribue efficacement au programme. »
La gestion de la dette et des participations publiques
Une des préoccupations majeures de Thierry Minko concerne la gestion de la dette et des participations publiques. « Lorsqu’on parle de dette ou d’optimisation, de l’amélioration de la gestion des participations, on va faire en sorte que cette participation soit mieux gérée, mieux évaluée, mieux valorisée, » indique-t-il. Il insiste que « la dette ne doit pas être un boulet qui nous tire vers le bas, mais plutôt un levier pour investir dans des secteurs porteurs. »
Il précise aussi que « cette dette, dans le cadre de différents mécanismes, soit de reprofilage, etc., ne doit pas peser sur l’économie. » Au contraire, il faut qu’elle soit allégée pour laisser de l’espace aux investissements. « Il faut assurer la souveraineté économique de l’avenir, mais surtout améliorer les conditions de vie des populations en termes d’emploi, d’éducation, de santé, » ajoute le ministre.
Les ambitions pour 2026 : une croissance de 6,5 %
Concernant la trajectoire à moyen terme, Thierry Minko affiche une ambition claire : « En 2026, dans la loi de finances qui a été adoptée, on s’attend à un niveau de croissance, à un taux de 6,5 %. » Pour atteindre cet objectif, il souligne que « derrière ce taux de croissance, il y a un niveau d’investissement très élevé », qui devrait passer de 500 milliards en 2025 à environ 2 100 milliards.
Il insiste sur le fait que « nous voulons booster ces secteurs en investissant de manière significative, notamment dans les infrastructures, l’agriculture, l’énergie et le numérique. » Il précise que le pays veut rompre avec les faibles investissements du passé : « Ce qui a été fait jusqu’à présent, c’est que nous avons investi à des niveaux très faibles. Il faut rompre avec ça. »
Un investissement massif pour des résultats concrets
Thierry Minko insiste sur la nécessité de résultats tangibles : « Le peuple attend des résultats concrets, et le chef de l’État a fait le pari d’investir massivement pour que cela se traduise par un réel progrès pour la population. » Il évoque également le rôle central de la planification : « Il n’y a pas de développement sans planification. »
Le ministre rappelle que le pays a décidé de mettre en place un plan national de croissance et de développement sur cinq ans, le PNCD, pour s’assurer que chaque étape est bien maîtrisée et que chaque secteur contribue efficacement à la croissance globale.
Le financement : un levier incontournable
Une autre dimension essentielle évoquée par Thierry Minko concerne le financement de cette ambitieuse stratégie. « Aucun pays ne finance son développement uniquement sur ses ressources propres, » rappelle-t-il. Pour cela, le Gabon doit compter sur des partenaires internationaux. « Le programme avec le FMI, c’est une stratégie qui doit rassurer les investisseurs, » indique-t-il.
Il précise que « le communiqué qui a été fait ne disait pas qu’on a déjà signé avec le FMI. » Il ajoute que « nous avons entamé des discussions, et celles-ci vont s’intensifier pour aboutir courant de cette année à une signature effective. » La confiance des investisseurs a déjà commencé à se renforcer, selon lui : « Depuis la publication du communiqué, les titres émis par la République gabonaise bénéficient de davantage de confiance. »
Confiance retrouvée sur les marchés financiers
Selon Thierry Minko, cette confiance accrue sur les marchés financiers est un signe que le pays est en train de retrouver une crédibilité perdue. « Quand les investisseurs savent que vous mettez en place des stratégies qui amélioreront la transparence et l’efficacité de la dépense, ils ont confiance, » affirme-t-il. Cette confiance se traduit par une meilleure perception du pays à l’échelle internationale.
Il souligne que « la relation avec le FMI doit être vue comme un élément de crédibilité, mais aussi une opportunité pour le Gabon de renforcer ses autres partenariats financiers comme la Banque mondiale ou la FD. » La crédibilité retrouvée doit permettre d’attirer des investissements massifs nécessaires à la réalisation du plan de développement.
Une volonté claire pour un avenir meilleur
Thierry Minko insiste sur la détermination du gouvernement : « La stratégie que nous mettons en place repose sur une vision claire, et nous sommes déterminés à faire en sorte que cette vision devienne réalité. » Il ajoute enfin : « La confiance, c’est la clé de tout. Si nous parvenons à rassurer nos partenaires et nos investisseurs, nous pourrons atteindre nos objectifs de croissance et offrir un avenir meilleur à nos citoyens. »