UN APPEL D’OFFRES TROP OUVERT ?
La Fédération gabonaise de football (FEGAFOOT) a récemment communiqué sur le lancement d’un appel d’offres visant à recruter un nouveau sélectionneur national. Présentée comme une démarche transparente et ouverte, l’initiative a suscité de nombreuses réactions dans le milieu sportif. En cause : le nombre impressionnant de candidatures reçues, estimé à 605 dossiers. Un chiffre qui, loin de faire l’unanimité, divise observateurs et acteurs du football gabonais.
Une volonté affichée de transparence
Du côté de la FEGAFOOT, l’argument est clair. En ouvrant largement l’appel à candidatures, la fédération entendait rompre avec les pratiques du passé, souvent critiquées pour leur opacité. L’objectif affiché : donner sa chance à tous les profils, qu’ils soient locaux ou internationaux, expérimentés ou émergents. Pour les dirigeants fédéraux, le nombre élevé de dossiers serait donc la preuve d’un regain d’attractivité du poste et d’une confiance retrouvée envers l’institution.
Cette démarche s’inscrit également dans un contexte où la gouvernance du football gabonais est scrutée de près, tant par les supporters que par les instances internationales. Montrer que le processus est ouvert et documenté devient alors un enjeu d’image autant que de fond.
Un chiffre qui soulève des doutes
Mais pour de nombreux observateurs, ces 605 candidatures posent davantage de questions qu’elles n’apportent de réponses. Un tel volume est-il réellement gage de qualité ? Certains estiment au contraire qu’il révèle un appel d’offres trop permissif, aux critères insuffisamment précis. Résultat : des profils parfois éloignés des réalités du football gabonais ou des exigences du haut niveau se seraient engouffrés dans la brèche.
La principale inquiétude concerne la capacité réelle de la FEGAFOOT à analyser, trier et évaluer sérieusement un nombre aussi important de dossiers dans des délais raisonnables. Sans une méthodologie rigoureuse et des critères clairement hiérarchisés, le risque est grand de voir la sélection finale contestée.
Le défi du choix final
Au-delà du débat sur la forme, la question de fond demeure : la fédération parviendra-t-elle à identifier le profil le plus adapté au contexte gabonais ? Le futur sélectionneur devra composer avec des contraintes bien spécifiques, entre attentes élevées du public, gestion des joueurs évoluant à l’étranger et réalités locales du championnat.
Pour la FEGAFOOT, l’enjeu est désormais de transformer cette abondance de candidatures en opportunité. À défaut, cet appel d’offres, pourtant salué pour son ouverture, pourrait devenir un symbole de dispersion et nourrir un peu plus la défiance d’un public déjà exigeant.