MALADIES, NOUVEAU-NÉS EXPOSÉS, PLUIES IMMINENTES
Les dix familles restantes des déguerpis du carrefour Mackdjoss ont lancé, ce vendredi 06 février 2026, un nouvel appel pressant au Président de la République pour une intervention urgente, estimant que leur situation devient chaque jour de plus en plus précaire.
« Monsieur le Président, aidez-nous » : un appel à l’urgence sociale.
Face à une situation jugée invivable, les déguerpis interpellent directement le président de la République. « Nous sommes obligés d’appeler le président à agir très rapidement pour que des solutions d’urgence soient trouvées », explique le président des déguerpis Aboghe Nkora Brice.
Il plaide pour un hébergement provisoire immédiat : « Il ne reste que quelques familles, une dizaine environ. On peut les caser quelque part en attendant les solutions durables comme l’indemnisation ou l’attribution de terrains. »
Dans un message empreint d’émotion, Angue Assoumou lance : « Monsieur le Président, nous sommes des Gabonais. Aidez-nous. Venez nous enlever ici et montrez-nous là où nous pouvons aller vivre. La pluie arrive et nous sommes tous mouillés avec les enfants. »
Maladies, nouveau-nés exposés et insécurité grandissante.
La précarité sur le site devient de plus en plus alarmante. « Les maladies sont récurrentes, les enfants tombent malades tous les jours, il y a même eu un décès ici », alerte Aboghe Nkora Brice.
Il évoque également la situation des nourrissons : « Nous avons un bébé né il y a à peine cinq jours. Il ne peut pas vivre dans ces conditions de chaleur, de moustiques et de microbes. »
Un constat partagé par Angue Assoumou, déguerpie du site : « Quand on était dans nos maisons, nous n’avions pas toutes ces maladies. Aujourd’hui, regarde les enfants, ils sont tous malades. »
À cela s’ajoute l’insécurité. « On est venu nous voler ici, même nos passeports ont été pris », déplore-t-elle, soulignant que les familles ne se sentent plus en sécurité.
« Nous sommes encore là parce que nous n’avons plus d’alternatives.»
Huit mois après leur déguerpissement, plusieurs familles occupent toujours le site du carrefour Mackdjoss. Pour Aboghe Nkora Brice, cette présence prolongée n’est pas une forme de défi à l’autorité.
« Il n’y a aucune résistance. Les gens sont là parce qu’ils n’ont pas la possibilité de louer une maison, ni de familles d’accueil », explique-t-il. Pour lui les gens sont encore là parce qu’ils n’ont plus d’autre choix. Ils n’ont pas les moyens de louer, ni de familles d’accueil. Ils attendent que les promesses faites soient tenues.
Il rappelle que si une commission avait été mise en place après les opérations de déguerpissement, les résultats restent largement insuffisants : « Plus de 2 000 personnes ont été recensées, mais seulement 200 maisons ont été attribuées. Ceux qui sont encore ici n’ont jamais été appelés pour occuper les logements de Bikélé. »
Pour ces dix familles déguerpis du carrefour Mackdjoss, l’attente se transforme désormais en urgence humanitaire, où chaque jour passé sur le site accentue une précarité devenue insoutenable.