UNE ARME CONTRE LA FRAUDE
Le Gabon s’engage résolument dans la modernisation de son administration et de ses services publics, notamment dans le secteur des transports. Sous l’impulsion du ministère des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique, dirigé par Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, le pays s’apprête à introduire un permis de conduire numérisé, communément appelé permis biométrique en raison de ses caractéristiques de sécurité avancées.
Cette réforme s’inscrit dans le cadre du programme national « Gabon Digital » et vise à transformer en profondeur la gestion des titres de transport routier. L’annonce de la mise en circulation prochaine de ces permis de conduire biométriques est globalement bien accueillie par les acteurs du secteur des transports.
Le président du Syndicat libre du transport terrestre du Gabon (SYLTTEG), Jean Robert Menié, a exposé son point de vue sur cette réforme ce jeudi 05 février 2026, du côté du Charbonnage.
Une arme contre la fraude à l’obtention du permis.
Pour Menié, l’introduction du permis biométrique répond avant tout à la nécessité de mettre fin aux pratiques frauduleuses qui entouraient l’obtention du permis de conduire. « La fraude à l’obtention du permis était presque devenue banale », affirme-t-il. Selon lui, la digitalisation permet de « sécuriser et fiabiliser la procédure d’obtention du permis », en renforçant l’identification des candidats et en limitant les pratiques illégales.
Plus de transparence et moins de lourdeurs administratives.
La réforme vise également à améliorer la traçabilité financière. « Tout le monde passera désormais par l’auto-école et par le Trésor », souligne Menié, qui y voit un moyen de mieux contrôler les flux financiers liés à l’obtention du permis. Il estime par ailleurs que la dématérialisation permettra de « gagner du temps », notamment pour l’authentification du permis en cas de perte ou de contrôle.
Un impact limité sur la sécurité routière.
Si le permis biométrique peut constituer un frein aux permis frauduleux, Menié reste prudent quant à son effet sur la sécurité routière. « La digitalisation du permis ne réduira pas à elle seule le nombre d’accidents », avertit-il. Il rappelle que les causes principales des accidents demeurent « la vitesse, l’état du chauffeur et l’obsolescence du réseau routier », plaidant pour des mesures complémentaires telles que la multiplication des radars, les contrôles d’alcoolémie et l’amélioration des infrastructures.