FIN DE CAPTIVITÉ POUR LES 89 DERNIERS OTAGES
Après plusieurs semaines d’angoisse, les derniers fidèles chrétiens enlevés lors d’une attaque contre des églises dans l’État de Kaduna ont été libérés. Un soulagement pour les familles, mais une inquiétude persistante face à l’insécurité.
Une attaque en pleine célébration religieuse
La peur a finalement laissé place au soulagement. Les 89 derniers fidèles chrétiens kidnappés dans le nord du Nigeria ont retrouvé la liberté, mettant fin à plusieurs semaines de captivité. Ils faisaient partie des 183 personnes enlevées le 18 janvier dernier lors d’attaques simultanées contre trois églises du village de Kurmin Wali, dans l’État de Kaduna, alors que les fidèles assistaient à la messe dominicale.
Cette attaque avait profondément choqué le pays, une nouvelle fois confronté à la violence des groupes armés qui sévissent dans la région. Hommes, femmes et enfants avaient été emmenés de force par leurs ravisseurs, plongeant des dizaines de familles dans l’angoisse.
Une libération sous haute sécurité
Escortés par les forces de sécurité nigérianes, les anciens otages ont quitté leur lieu de détention à bord d’un bus. Bouteilles d’eau à la main et t-shirts jaunes sur le dos, ils affichaient des visages fatigués et marqués par l’épreuve. Certains enfants, encore sous le choc, semblaient avoir du mal à réaliser que leur calvaire était terminé.
À leur arrivée à Kaduna, capitale de l’État, ils ont été accueillis dans une grande salle par les autorités locales. Le gouverneur de l’État, Uba Sani, est venu à leur rencontre pour dresser le bilan de cette opération.
Le bilan officiel des enlèvements
Selon le gouverneur, sur les 183 personnes enlevées lors de l’attaque, 11 avaient réussi à s’échapper peu après les faits. Un premier groupe de 83 otages avait été libéré trois jours plus tôt. Les 89 personnes relâchées aujourd’hui étaient donc les derniers captifs encore détenus.
Uba Sani a salué la mobilisation des forces de sécurité locales et nationales, ainsi que l’implication du président nigérian Bola Tinubu. Toutefois, les autorités sont restées discrètes sur les conditions exactes de cette libération.
Une insécurité toujours préoccupante
Aucune information officielle n’a été donnée sur d’éventuelles négociations ou sur le paiement d’une rançon, une pratique pourtant fréquente dans les enlèvements de masse au Nigeria. Cette libération intervient dans un contexte de recrudescence des kidnappings dans le nord du pays, où gangs criminels et groupes armés ciblent régulièrement écoles, villages et lieux de culte.
Si les familles se réjouissent de retrouver leurs proches en vie, l’inquiétude demeure pour de nombreux Nigérians, face à une insécurité persistante et à la crainte de nouvelles attaques.