EXIGE DES AUDITS IMMÉDIATS
Le Conseil des ministres du 30 mai 2025 a fait tomber un chiffre qui fait trembler les couloirs d’un certain nombre d’administrations publiques. 93,25 % des marchés publics au Gabon ont été attribués de gré à gré, sans appel d’offres. Souvent arrondi à 93,7 % dans les débats médiatiques et parlementaires, ce taux constitue une alerte rouge pour la gestion des finances publiques. Avec 3 321,5 milliards de FCFA prévus pour la commande publique en 2026, l’absence de transparence pourrait coûter des centaines de milliards au pays si rien n’est fait. La solution ? Les audits publics.
Audits, le miroir indispensable de la commande publique
Les audits sont souvent considérés comme des formalités administratives, mais dans le contexte gabonais, ils sont bien plus. C’est un outil de transparence, d’économie et de responsabilisation. Dans un pays où presque tous les marchés sont attribués de gré à gré, les audits permettent de révéler le gaspillage financier, de quantifier les pertes potentielles et de mettre en lumière les pratiques douteuses.
Selon les experts, un audit rigoureux des marchés publics récents pourrait économiser des centaines de milliards de FCFA. En effet, même une réduction de seulement 10 à 20 % du gaspillage lié aux attributions de gré à gré représenterait des centaines de milliards à réinjecter dans les infrastructures, l’éducation ou la santé.
Pourquoi lancer des audits est très important
Au-delà de la comptabilité, les audits sont essentiels pour restaurer la confiance des citoyens et des partenaires internationaux. Chaque marché public passé sans appel d’offres est une opportunité manquée pour vérifier que l’argent public est utilisé à bon escient. Sans audits, le Gabon reste vulnérable à la corruption, aux détournements et à l’enrichissement illicite.
Lancer des audits aujourd’hui n’est pas une option, c’est une urgence. Les audits permettent de :
Détecter les irrégularités dans les attributions de marchés.
Identifier les responsables et rendre compte publiquement.
Prévenir de futures dérives en instituant des procédures de contrôle systématiques.
Économiser de l’argent public et améliorer l’efficacité de la dépense.
Le gaspillage financier, un fléau colossal
Avec un taux de 93,25 % de marchés passés de gré à gré, le Gabon perd chaque année des sommes très considérables pour un pays qui règle la dette extérieure avec une certaine régularité. Pour l’exercice 2026, l’enveloppe de la commande publique s’élève à 3 321,5 milliards de FCFA. Si seulement 10 % de ces fonds étaient redistribués ou économisés grâce à un audit efficace, cela représenterait plus de 330 milliards de FCFA disponibles pour financer des projets prioritaires.
Ces chiffres montrent que le Gabon ne peut plus continuer sans audits systématiques. Chaque jour sans contrôle est une journée où l’argent public est gaspillé, mal utilisé ou détourné.
Audits et lutte contre la corruption
Les audits ne se contentent pas de compter l’argent. Ils ont un rôle préventif et dissuasif. En rendant les attributions de marchés publiques transparentes et traçables, les audits limitent les possibilités de corruption et d’enrichissement illicite.
Par exemple, si un audit révèle qu’un marché de plusieurs dizaines de milliards de FCFA a été attribué à une société liée à un haut fonctionnaire, la sanction peut être immédiate et la responsabilité clairement établie. Cette transparence est un signal très important. Le gaspillage et la corruption ne seront plus tolérés.
Des centaines de milliards à récupérer
Imaginons un scénario réaliste. Si un audit rigoureux des marchés de 2025 permettait d’identifier et de corriger 15 % des surcoûts et attributions injustifiées, le Gabon pourrait économiser plus de 490 milliards de FCFA. Ce montant est suffisant pour construire des routes, améliorer les hôpitaux, régler les situations administratives des enseignants ou financer l’éducation de milliers d’enfants.
Les audits ne sont donc pas seulement un outil de contrôle. Ils sont un levier économique, capable de transformer la commande publique en moteur de développement.
Responsabilité et prévention : les deux faces des audits
L’un des avantages majeurs des audits est qu’ils permettent de dégager les responsabilités. Qui a autorisé le marché ? Qui a signé le contrat ? Qui a bénéficié de cette attribution ? Ces questions trouvent des réponses claires grâce aux audits.
Mais les audits ne se limitent pas au passé : ils sont aussi préventifs. En instaurant des procédures de contrôle et de vérification, ils réduisent drastiquement les risques de dérives futures. Les fonctionnaires savent que chaque décision sera auditable, et les entreprises comprennent que les contrats ne peuvent plus être attribués à la hâte ou sans justification.
Des audits pour restaurer la confiance
La transparence générée par les audits a un effet direct sur la confiance des citoyens et des partenaires financiers. Les investisseurs internationaux et les institutions de développement exigent désormais que les fonds publics soient gérés de manière rigoureuse. Le Gabon, en adoptant une politique d’audits systématiques, peut améliorer son image et attirer davantage d’investissements étrangers.
Le rôle stratégique des audits pour 2026
L’exercice 2026 est déjà prévu avec une enveloppe de 3 321,5 milliards de FCFA. C’est le moment idéal pour instaurer des audits exhaustifs sur les marchés passés et ceux à venir. En faisant cela, le Gabon peut :
Réduire le gaspillage et optimiser l’allocation des ressources.
Prévenir la corruption et les détournements à grande échelle.
Rendre des comptes aux citoyens, en publiant les résultats et les mesures correctives.
Établir un standard de transparence qui servira de référence pour les années suivantes.
L’urgence d’agir
Avec près de 94 % de marchés passés sans appel d’offres, le Gabon est confronté à une situation exceptionnelle. Les audits ne sont pas une simple formalité. Ils représentent le seul moyen crédible d’évaluer l’étendue réelle du gaspillage, de mettre fin aux pratiques opaques et de protéger l’argent public et pour ne pas passer dépasser la barre des 95% ou 99%.
Chaque milliard économisé grâce aux audits peut être réinvesti dans les services publics et les infrastructures, et chaque irrégularité détectée renforce la lutte contre la corruption. Ignorer cette opportunité serait irresponsable.
Le Gabon en alerte rouge
Le chiffre de 93,25 % est signal d’alarme d’une gouvernance en danger. Les audits sont aujourd’hui indispensables pour sécuriser les finances publiques, responsabiliser les acteurs et instaurer la transparence dans la commande publique.
Si le Gabon lance des audits complets sur les marchés passés et à venir, il peut économiser des centaines de milliards de FCFA, prévenir les dérives futures et restaurer la confiance des citoyens et des partenaires internationaux.
Le pays n’a plus d’alternative. Continuer dans l’opacité, instaurer une culture de l'impunité ou instaurer une culture de responsabilité et de transparence. Les audits ne sont pas une option, ils sont une urgence. Et chaque jour perdu à repousser cette décision est un jour où l’argent public continue d’être gaspillé.