UN ENVIRONNEMENT QUI MET EN DANGER LES ÉLÈVES
Dans un contexte de reprise des cours après une longue période de perturbations, certains apprenants du Grand Libreville font désormais face à de nouvelles menaces. L’insalubrité et l’insécurité ont atteint un seuil critique dans plusieurs établissements scolaires primaires publics. Entre herbes hautes, odeurs insoutenables et actes de vandalisme, les parents d’élèves que nous avons rencontrés vendredi 13 février 2026, ont tiré la sonnette d’alarme sur les conditions d’apprentissage de leurs enfants, dénonçant un environnement devenu propice aux maladies et aux dangers.
Un environnement d'apprentissage "dégoûtant".
Le constat sur le terrain est accablant. La plupart des établissements, principalement au niveau du pré-primaire et du primaire, sont décrits comme étant dans un état d'insalubrité totale. Garcia Opoundou, parent d'élève, témoigne de cette réalité : « La plupart des établissements, surtout primaires, sont insalubres.»
Les observations sont alarmantes : une hygiène inexistante, avec des matières fécales visibles jusque devant les portes des salles de classe et dans les couloirs, souvent à cause de toilettes inaccessibles, envahies par les herbes hautes. « on retrouve les matières fécales même devant la cour, devant les salles de classe. Parce que quoi ? Les toilettes, il n'y a plus accès. » s'indigne Garcia. Des odeurs insupportables, la pestilence est telle que certains élèves refusent désormais d’entrer en classe le matin. « Même ce matin, en venant déposer l'enfant, il refusait même d'entrer en classe à cause des odeurs », précise-il.
Des risques sanitaires et sécuritaires majeurs.
Cette situation n'est pas sans conséquences pour la santé des plus jeunes, âgés de 3 à 4 ans, mais aussi pour le corps enseignant. L'artiste, musicien, auteur, compositeur et communicant animateur radio Prince Massandé s'exprime sur le sujet : « Nous croyons que tout le monde le sait, enfin ceux qui veulent le savoir, ils savent bien que l’insalubrité ne peut qu'être toxique pour la santé non seulement des élèves, des apprenants, et également pour ceux qui tiennent ces établissements, c'est un sujet d'hygiène publique qui doit être combattu avec la dernière énergie ».
Pour lui, le problème ne doit pas être pris à la légère, mais combattu avec la plus grande énergie. « Je reconnais qu'il y a des sujets ici à Libreville ou au Gabon en général qui sont négligés. Mais l'insalubrité, tout comme les boissons alcoolisées qui sont autour de l'établissement scolaire, doivent être, purement et simplement, condamnées et même éradiquées ».
Dangers qui guettent les apprenants.
Garcia et Prince ont tous deux identifié de multiples dangers qui guettent les apprenants dans certains établissements du Grand Libreville.
· Santé fragile : L'accumulation d'ordures et les herbes hautes favorisent la prolifération des moustiques, vecteurs du paludisme, et provoquent des maladies pulmonaires, des grippes et des toux chroniques. Garcia alerte : « L'enfant va tomber malade 2 à 3 fois . Et ce n'est pas bon. Parce que quoi ? L'établissement, le lieu où il se trouve, c'est sale. » Prince Massandé ajoute que « le poumon, le foie, le pancréas peuvent être atteints, et puis c'est la maladie».
· Menace animale : Les herbes hautes, qui envahissent jusqu'aux accès des toilettes, font craindre l'irruption de reptiles à l'intérieur même des salles de classe. « Je crains même qu'un jour, un reptile ne fasse irruption dans la salle de classe. Puisque les salles de classe ne sont pas sécurisées », confie Garcia.
Face à ce tableau alarmant, certains parents d’élèves refusent désormais de se taire. Ils appellent les autorités compétentes, mairie, ministère de l’Éducation nationale et services sanitaires à agir sans délai pour restaurer un cadre d’apprentissage sain et sécurisé.