MBIGOU : LA PIERRE SACRÉE EN ROUTE VERS UNE RECONNAISSANCE OFFICIELLE
Un patrimoine ancestral à forte valeur identitaire
Nichée dans la province de la Ngounié, la ville de Mbigou est réputée depuis des décennies pour ses sculptures en pierre stéatite. Masques, bustes, scènes de vie et figures traditionnelles façonnent l’identité culturelle de la région.
Transmis de génération en génération, ce savoir-faire artisanal repose sur des techniques spécifiques d’extraction, de taille et de polissage. Chaque œuvre raconte une histoire, souvent inspirée des rites et traditions des peuples du Sud gabonais.
L’obtention d’une indication géographique constituerait une reconnaissance officielle de cette spécificité territoriale et culturelle.
Une arme économique contre la contrefaçon
Au-delà de l’aspect symbolique, l’enjeu est aussi économique. L’absence de protection formelle a longtemps exposé la pierre de Mbigou à la contrefaçon ou à l’utilisation abusive de son appellation.
Une IGP permettrait :
- de garantir l’authenticité des produits ;
- de protéger les artisans locaux ;
- d’augmenter la valeur marchande des œuvres ;
- de structurer la chaîne de production et de commercialisation.
Pour de nombreux sculpteurs, cette reconnaissance pourrait signifier un meilleur accès aux marchés nationaux et internationaux, notamment dans les circuits du tourisme culturel et des galeries spécialisées.
Structurer une filière encore fragile
Si la réputation artistique est bien établie, la filière reste toutefois confrontée à plusieurs défis :
- manque d’organisation coopérative ;
- faibles capacités d’exportation ;
- accès limité au financement ;
- absence de stratégie marketing collective.
La reconnaissance géographique pourrait servir de levier pour formaliser le secteur, favoriser la formation des jeunes artisans et attirer des investissements publics ou privés.
Un enjeu pour la diversification économique du Gabon
Dans un contexte de recherche de diversification économique, l’artisanat apparaît comme une piste crédible pour réduire la dépendance aux industries extractives.
La valorisation de la pierre de Mbigou ne relève donc pas seulement de la culture : elle s’inscrit dans une stratégie plus large de développement local, de création d’emplois et de promotion du « Made in Gabon ».
Reste désormais à transformer cette ambition en mécanisme durable, capable de faire de ce patrimoine minéral un véritable moteur économique régional.