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COUPURES AU GABON, LE MINISTRE CHANGE DE VERSION, L’ORIGINE DU PROBLÈME RESTE FLOUE

COUPURES AU GABON, LE MINISTRE CHANGE DE VERSION, L’ORIGINE DU PROBLÈME RESTE FLOUE
Au ministère en charge de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, la crise des coupures d’électricité ne se joue pas seulement sur le terrain technique.

Elle se joue aussi et peut-être surtout sur le terrain de l’information. Depuis plusieurs jours, un malaise grandit, celui d’un double discours qui brouille la compréhension publique des causes réelles des délestages et retarde, de fait, toute solution durable.


D’un côté, face aux caméras, le récit officiel se focalise sur des explications périphériques, des exemples ciblés, parfois présentés comme des nœuds centraux du problème. De l’autre, selon plusieurs sources présentes à des échanges institutionnels, le ministre Philippe Tonangoye aurait tenu un discours nettement plus direct, pointant des facteurs structurels, impayés massifs, branchements non comptabilisés, zones entières hors recouvrement, et pertes commerciales qui fragilisent la trésorerie de la SEEG. Deux narratifs, deux focales, et une même conséquence, le public ne sait plus où se situe l’origine exacte de la crise.


Le danger de ce double message n’est pas seulement politique. Il est opérationnel. Car on ne répare pas un système énergétique à l’aveugle. Si la cause principale est l’insuffisance de recettes liée aux impayés et aux branchements directs, alors la réponse doit être un plan public de comptage, de régularisation et de recouvrement, avec un calendrier, des priorités, des sanctions encadrées, et, surtout, des chiffres. Si la cause principale est ailleurs (pannes de production, maintenance, réseau, carburant, dettes croisées), il faut le démontrer, documents à l’appui. Dans les deux cas, la condition d’un retour à la stabilité est la même, la transparence.


Or, quand la communication officielle change de centre de gravité selon l’audience, la vérité se retrouve étouffée entre deux versions. Le débat se déplace. La colère cherche des boucs émissaires. Les réseaux sociaux amplifient des interprétations. Et pendant ce temps, le “problème originel” celui qui déclenche réellement les coupures reste sans diagnostic partagé.


Ce que réclament aujourd’hui de nombreux usagers n’est pas une polémique de personnes. C’est un acte de gestion publique, publier la ventilation de la dette, distinguer pertes techniques et pertes commerciales, préciser les catégories redevables, indiquer les zones à régulariser, et présenter un plan chiffré. Sans cela, la crise continuera d’être traitée par narration plutôt que par correction à la source. Et les coupures, elles, n’attendront pas que la vérité revienne.

Par NOEMI KIM

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