EN GUINÉE, 40 PARTIS POLITIQUES DISSOUS PAR DÉCRET
C’est un véritable coup de tonnerre dans le paysage politique guinéen. Dans la nuit de vendredi à samedi, les autorités ont annoncé la dissolution de quarante partis politiques, dont plusieurs grandes formations de l’opposition. La décision intervient moins de deux mois après l’élection du président Mamadi Doumbouya.
Un coup de tonnerre sur la scène politique
Le décret, pris par le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD) et rendu public à la télévision nationale, évoque un « manquement à leurs obligations » au regard de la législation qui encadre les organisations politiques.
Parmi les partis concernés figurent notamment le Rassemblement du peuple de Guinée – Arc-en-ciel (RPG-AEC), ancien parti au pouvoir de l’ex-président Alpha Condé, l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo et l’Union des forces républicaines (UFR), fondée par Sidya Touré.
Des sanctions immédiates
Selon l’arrêté ministériel, les formations dissoutes perdent immédiatement leur personnalité morale et leur statut juridique. Toute activité politique menée en leur nom est désormais interdite, aussi bien sur le territoire national que dans les missions diplomatiques à l’étranger.
Le texte précise également que l’utilisation des sigles, logos et emblèmes de ces partis est désormais proscrite. Leurs sièges nationaux et représentations locales doivent être mis sous scellés, tandis que leurs ressources seront placées sous séquestre dans l’attente d’un liquidateur.
Un tour de vis avant les élections
Cette décision s’inscrit dans un tour de vis engagé par les autorités actuelles. Une nouvelle loi impose notamment aux partis de prouver leur implantation dans les 33 préfectures du pays, de garantir 30 % de femmes dans leurs instances dirigeantes et de fournir des documents fiscaux.
Plusieurs responsables politiques dénoncent cependant une mesure susceptible de provoquer un effet boule de neige sur la vie démocratique, à l’approche des élections législatives et communales prévues en mai 2026.