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TRAJET EN TAXI À LIBREVILLE, LE PARCOURS EN PLUSIEURS SEGMENTS, CHACUN FACTURÉ SÉPARÉMENT

TRAJET EN TAXI À LIBREVILLE, LE PARCOURS EN PLUSIEURS SEGMENTS, CHACUN FACTURÉ SÉPARÉMENT
Saucissonnage des trajets : les taxis de Libreville augmentent leurs tarifs

À Libreville, la capitale gabonaise, prendre un taxi devient un vrai casse-tête pour de nombreux habitants. Entre la hausse constante des prix et une nouvelle pratique des chauffeurs, les usagers commencent à se sentir pris au piège. Les taxis, loin d’être de simples moyens de transport, semblent désormais jouer avec les distances pour maximiser leurs gains.


Le saucissonnage des trajets : une pratique répandue


Dans les rues de Libreville, il est fréquent de constater que le trajet que l’on pensait simple devient beaucoup plus compliqué. Les taxis « saucissonnent » désormais les distances, c’est-à-dire qu’ils découpent le parcours en plusieurs segments, chacun facturé séparément.


Par exemple, un voyage de la commune de Mont-Bouët au Port d’Owendo ou à Montalier, qui devrait normalement coûter un tarif fixe, peut désormais être divisé en trois ou quatre voire étapes par certains chauffeurs. Chaque segment est facturé individuellement, ce qui fait grimper la note finale pour le passager. Cette méthode permet aux taximen d’augmenter leurs revenus sans dépasser le temps de conduite ou la distance réelle parcourue.


Les usagers pris au piège


Pour les habitants, cette pratique est un abus. Beaucoup se plaignent de se retrouver à payer le double, voire le triple, du prix initialement prévu pour un trajet simple. « On pense aller de point A à point B, et à la fin, on se retrouve à payer presque deux fois plus. C’est épuisant », confie un étudiant qui utilise régulièrement les taxis pour se rendre à l’université.


Les usagers dénoncent un manque de régulation et une absence de contrôle de la part des autorités compétentes. Selon eux, cette situation reflète le laisser-faire des autorités compétentes. L’augmentation des tarifs sans justification claire et la multiplication des pratiques commerciales douteuses n'intéressent pas les autorités municipales .


Un moyen pour les taximen d’augmenter leurs revenus


Du côté des chauffeurs, la logique est justifiée. Avec l’augmentation du prix du carburant et le coût de l’entretien des véhicules, les revenus doivent suivre. « Nous avons nos charges à couvrir, et parfois, le saucissonnage est le seul moyen de gagner un peu plus sur un trajet long », explique un taximan rencontré à Libreville.


Cette pratique est vue comme une stratégie économique pour certains, une ruse pour d’autres. En découpant un trajet en plusieurs segments, les chauffeurs peuvent faire payer plus pour la même distance, surtout aux heures de forte affluence ou en période de pluie. Les clients qui ne connaissent pas la tarification ou qui sont pressés se retrouvent ainsi à payer davantage.


Une solution difficile à mettre en œuvre


Face à ce phénomène, les autorités gabonaises ont tenté d’instaurer des grilles forfaitaires, mais leur application reste limitée. Les chauffeurs contournent souvent ces règles, profitant du manque de contrôle sur le terrain. Les usagers, eux, restent frustrés et parfois désemparés.


Certaines associations de consommateurs proposent aujourd’hui des solutions. Applications de suivi des trajets, calcul automatique du prix en fonction de la distance réelle, ou encore sensibilisation des passagers sur leurs droits. Mais ces initiatives sont encore peu répandues dans la capitale.


A quand une réglementation plus stricte ?


Le saucissonnage des trajets constitue une perte financière importante pour les habitants de Libreville.  C’est l’une des gangrènes dans le secteur du transport urbain à Libreville. Les autorités prendront-elles à cœur les préoccupations des citoyens ?  Les autorités prendront-elles des mesures concrètes pour protéger les consommateurs ?  Une réglementation stricte et un contrôle efficace pourraient limiter ces pratiques et soulager un peu le porte-monnaie des usagers.


En attendant, les habitants broient du noir. Il faut connaître les tarifs approximatifs, faire des propositions rusées, s’arrêter plusieurs centaines de mètres après le lieu demandé au départ, attendre qu’un premier fasse une proposition et proposer moins après qu’il soit monté, demander des estimations avant de monter dans le taxi et réduire le risque de surcoût.


Ne pas se faire surprendre


À Libreville, prendre un taxi est devenu un défi financier. Entre le saucissonnage des trajets et la hausse des tarifs, les usagers doivent désormais se montrer attentifs et informés pour ne pas se faire surprendre. Car à Libreville, les distances semblent aujourd’hui se transformer en source de revenus supplémentaires.


 

Par Pamphil

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