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GABON, QUAND LE RIZ, LE POISSON ET LA VIANDE PROVOQUENT DES INTOXICATIONS ALIMENTAIRES

GABON, QUAND LE RIZ, LE POISSON ET LA VIANDE PROVOQUENT DES INTOXICATIONS ALIMENTAIRES
Intoxication alimentaire au Gabon : diarrhées, vomissements, viande, poisson, riz, prévention

Au Gabon, les habitudes alimentaires locales, qu’elles soient liées à des repas de famille, à des fêtes ou à des sorties nocturnes, peuvent parfois provoquer des intoxications alimentaires. Riz, poisson braisé, volaille, viande de brousse ou manioc sont autant de produits que certains Gabonais consomment quotidiennement sans toujours se douter des risques encourus. Pourtant, chaque année, des cas de diarrhées, de vomissements et même d’hospitalisations surviennent, parfois dans des contextes inattendus.


Des aliments de tous les jours à l’origine de maladies


Le riz, souvent cuit en grande quantité et conservé plusieurs heures avant consommation, peut être un terrain favorable au développement de bactéries comme Bacillus cereus. Le poisson braisé, lui, lorsqu’il n’est pas préparé ou conservé correctement, peut provoquer des intoxications dues aux toxines bactériennes. La volaille et la viande de brousse, si elles sont mal cuites ou stockées dans des conditions inadéquates, représentent également un risque. Le manioc, s’il est mal préparé, contient naturellement des composés cyanogéniques qui peuvent devenir toxiques.


Ces aliments, consommés au quotidien ou lors de grandes occasions, peuvent provoquer des symptômes immédiats : diarrhées fréquentes, parfois sanglantes, vomissements, douleurs abdominales et fatigue extrême. Selon plusieurs témoignages, certains patients se rendent aux urgences après avoir souffert pendant des heures, voire des jours, chez eux ou chez des proches.


Des cas fréquents mais rarement discutés


Paradoxalement, les intoxications alimentaires sont souvent passées sous silence au Gabon. Beaucoup préfèrent minimiser la gravité des symptômes, pensant que la diarrhée ou les vomissements passeront d’eux-mêmes. D’autres craignent la stigmatisation sociale, notamment lorsqu’il s’agit de maladies survenues lors de mariages, de fêtes ou même de sorties nocturnes devant un bar ou un dancing. Le résultat. Des personnes malades restent à la maison, ce qui peut aggraver leur état et favoriser la transmission de certaines infections à d’autres membres de la famille.


Dr. Émile Obame, médecin dans un hôpital de Libreville, explique que « Nous voyons tous les jours des patients atteints de diarrhées sévères, parfois avec du sang. Beaucoup ne viennent pas immédiatement à l’hôpital, pensant que c’est une simple indigestion. Parfois, ils se présentent après deux ou trois jours, ce qui complique le traitement. »


Quand les fêtes deviennent dangereuses


Les mariages, baptêmes ou autres célébrations sont particulièrement propices aux intoxications alimentaires. Le service des plats en grande quantité, la conservation des aliments sous des températures inadéquates et la manipulation par plusieurs personnes augmentent le risque de contamination. Il n’est pas rare de voir des invités tomber malades au cours de la soirée, parfois même dans la nuit, devant un bar ou un dancing, après avoir consommé des plats préparés à l’avance.


Les symptômes peuvent apparaître quelques heures seulement après le repas. Dans certains cas, les victimes souffrent de vomissements incessants et de diarrhées sanglantes. Les plus gravement atteints doivent être hospitalisés pour recevoir des traitements de réhydratation et, dans certains cas, des antibiotiques.


Les enfants et les personnes âgées, les plus vulnérables


Les jeunes enfants et les personnes âgées sont particulièrement exposés aux conséquences graves des intoxications alimentaires. Une diarrhée sévère peut rapidement entraîner une déshydratation, nécessitant une hospitalisation urgente. Dans les zones rurales, où l’accès aux soins est limité, les familles doivent souvent transporter leurs proches sur de longues distances vers le centre médical le plus proche. Cela peut retarder le traitement et augmenter le risque de complications.


Les habitudes alimentaires et les risques


Les habitudes de consommation jouent un rôle majeur dans les intoxications. La consommation de viande de brousse, populaire dans certaines régions, expose les populations à des bactéries et parasites spécifiques. Le poisson braisé, lorsqu’il est vendu dans la rue, est parfois préparé dans des conditions peu hygiéniques. Quant au manioc, s’il est insuffisamment cuit ou fermenté, il peut provoquer des intoxications chimiques.


Même les repas faits à la maison ne sont pas exempts de risques. Une mauvaise conservation des restes de riz ou de viande peut entraîner la prolifération de bactéries. Les Gabonais, souvent pressés par le travail ou les obligations familiales, laissent parfois les aliments à température ambiante pendant plusieurs heures, ce qui favorise le développement de micro-organismes dangereux.


Prévention et sensibilisation : un enjeu important


Pour réduire les risques, les spécialistes recommandent plusieurs mesures simples mais efficaces. Bien cuire les aliments, les consommer rapidement, éviter de laisser les restes à température ambiante et se laver régulièrement les mains avant les repas sont des gestes essentiels. Les vendeurs de rue doivent également respecter les règles d’hygiène, notamment la conservation des produits frais au froid et la protection contre les insectes et poussières.


Dr. Obame insiste. « La sensibilisation est clé. Beaucoup de patients ne savent pas que ce qu’ils considèrent comme un simple malaise peut être une intoxication alimentaire sérieuse. L’éducation sur la manipulation et la préparation des aliments pourrait sauver de nombreuses vies. »


Les hôpitaux de Libreville enregistrent en moyenne 200 cas par mois 


Chaque année, au Gabon, on estime que plus de 15 000 personnes sont victimes d’intoxications alimentaires. Parmi elles, 60 % sont des enfants de moins de 12 ans et 25 % des personnes âgées. Les hôpitaux de Libreville enregistrent en moyenne 200 cas par mois de diarrhées sévères liées à la consommation de riz, poisson braisé, volaille ou viande de brousse mal conservés. Lors des mariages ou grandes fêtes, jusqu’à 30 % des invités peuvent souffrir de vomissements et de diarrhées quelques heures après le repas. Les intoxications alimentaires représentent ainsi un véritable enjeu de santé publique.


Un problème qui touche toute la société


Les intoxications alimentaires ne sont pas seulement un problème individuel : elles ont un impact sur la société dans son ensemble. Les hospitalisations fréquentes mobilisent des ressources médicales et pèsent sur les familles. Les pertes économiques liées aux journées de travail perdues et aux soins médicaux sont considérables. Pourtant, le sujet reste largement tabou et peu discuté dans les médias.


Pourtant, en parlant ouvertement des risques et en adoptant des pratiques alimentaires plus sûres, la population gabonaise pourrait réduire significativement le nombre de cas d’intoxications alimentaires.  


 

Par Pamphil

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