GHANA : L’ÉTAT SERRE LA VIS AUX GÉANTS DE L’OR
Le Ghana a décidé de durcir son régime de redevances minières afin de mieux profiter de la hausse des prix de l’or sur les marchés internationaux. Depuis mardi 10 mars, le pays applique un nouveau mécanisme qui lie désormais le niveau des redevances payées par les producteurs au cours mondial du métal précieux.
Avec cette réforme, Accra abandonne le taux fixe de 5 % en vigueur depuis plusieurs années. Le nouveau dispositif prévoit une hausse progressive pouvant atteindre 12 % lorsque le prix de l’or dépasse 4 500 dollars l’once, un seuil actuellement franchi. Pour les autorités ghanéennes, l’objectif est de permettre à l’État de tirer davantage de revenus de l’exploitation de sa principale ressource minière.
Au-delà de l’enjeu budgétaire, cette réforme traduit aussi une volonté politique plus large , reprendre le contrôle sur des richesses nationales longtemps dominées par de grands groupes internationaux. Les autorités dénoncent notamment certaines pratiques de multinationales minières accusées de transférer hors du Ghana des profits réalisés localement, au détriment du développement du pays.
Le président de la Commission des Minerais, Isaac Tandoh, avait déjà alerté sur ces comportements, affirmant que certaines entreprises privilégiaient l’acquisition d’autres mines à l’étranger plutôt que le développement des sites ghanéens. Dans ce contexte, la nouvelle taxation apparaît comme un moyen pour l’État de mieux défendre ses intérêts économiques.
Toutefois, plusieurs experts estiment que cette mesure ne suffira pas à elle seule. Selon l’avocat Mamadou Gacko, une hausse des redevances n’est réellement efficace que si elle s’accompagne d’un encadrement plus strict des mécanismes fiscaux utilisés par les multinationales, souvent appuyées sur des conventions avantageuses.
Malgré les pressions extérieures évoquées par Reuters, notamment de la part des États-Unis, de la Chine et de plusieurs partenaires occidentaux, le Ghana maintient sa réforme. Le pays affirme ainsi sa volonté de renforcer sa souveraineté économique et de mieux valoriser l’or, ressource stratégique de son économie.