GAB’OIL, LA RIGUEUR DE LA DG FAIT GRINCER DES DENTS
En toile de fond, une gestion plus stricte, des exigences renforcées et la fin de certaines habitudes en interne.
Des chiffres qui parlent
À Gab’Oil, le débat ne se résume plus à une simple querelle de personnes. Il oppose deux visions de l’entreprise, celle de la rigueur et des résultats, et celle d’un fonctionnement plus tolérant, parfois éloigné des exigences du redressement.
Les données avancées par la direction générale mettent en avant une amélioration de 6 milliards de FCFA par rapport à l’exercice précédent. Il ne s’agit pas d’un bénéfice net, mais bien d’une réduction du déficit, ce qui reste un signal fort pour une entreprise engagée dans une phase de redressement.
À cela s’ajoutent plusieurs indicateurs présentés comme encourageants progression des ventes sur le réseau, ouverture de nouvelles stations-service, EBITDA en hausse, trésorerie nette positive et capacité à financer une partie des investissements sans recours immédiat à l’endettement bancaire.
Une méthode qui dérange
Ce redressement n’est pas tombé du ciel. Il est le résultat d’une politique de maîtrise des charges et d’un encadrement plus exigeant. Et c’est précisément là que les tensions commencent.
Dans toute entreprise en mutation, la discipline produit des résistances. Lorsque les objectifs deviennent plus stricts, que les résultats sont davantage contrôlés et que l’implication de chacun est observée de plus près, certains s’adaptent. D’autres dénoncent une pression devenue insupportable.
À Gab’Oil, plusieurs critiques visent aujourd’hui la direction générale, accusée de gouverner dans un climat jugé dur. Mais dans les périodes de redressement, la fermeté est souvent perçue comme une injustice par ceux que la nouvelle exigence met en difficulté.
Sanctions ou refus de performance ?
La vraie question est peut-être là, si certains agents ou cadres se retrouvent sanctionnés, est-ce uniquement par arbitraire, ou parce qu’ils refusent d’entrer dans une logique de performance ?
Dans beaucoup d’organisations, la fin des privilèges et du confort administratif provoque des levées de boucliers. Dès qu’une direction impose davantage de rigueur, les oppositions internes se structurent, les plaintes se multiplient et les fuites dans la presse deviennent un outil de contre-attaque.
Cela ne signifie pas que toutes les décisions sont forcément irréprochables. Mais cela rappelle une chose, le redressement d’une entreprise ne peut pas se faire sans effort, sans discipline et sans remise en cause de certaines habitudes.
Le vrai malaise
Le malaise actuel à Gab’Oil pourrait donc avoir une double lecture. D’un côté, des agents dénoncent une méthode brutale. De l’autre, une direction tente manifestement d’imposer une culture de résultats dans une entreprise appelée à redevenir performante.
Et souvent, dans ce type de contexte, ceux qui protestent le plus fort ne sont pas toujours ceux qui défendent l’intérêt de l’entreprise, mais ceux que la rigueur oblige enfin à rendre des comptes.