LE CORPS DE MATHIEU MOUBAMBA MOUITY, UN JEUNE GABONAIS, DÉCOUVERT DANS LE CANAL DE REIMS
Le 27 mars 2026, un corps a été repêché dans le canal de Reims, à proximité du centre-ville, dans le quartier Saint-Remi, rapporte france3-regions.franceinfo.fr. Alertés par des riverains, pompiers et policiers se sont rendus sur les lieux peu après midi, à hauteur du pont Flechambault. Les plongeurs ont extrait le corps de l’eau, qui a ensuite été recouvert d’un drap blanc, à l’abri des regards. Rapidement, les enquêteurs ont lié cette découverte à la disparition récente d’un étudiant gabonais, Mathieu Moubamba Mouity.
Une disparition inquiétante
Mathieu Moubamba Mouity, 18 ans, était porté disparu depuis le 16 mars. Arrivé en France en 2024, l’étudiant en première année de licence de physique-chimie n’avait plus donné signe de vie depuis qu’il avait quitté le domicile d’un ami pour prendre son bus. Dix jours d’angoisse pour sa famille et ses proches qui avaient multiplié les recherches et mobilisé les réseaux étudiants pour tenter de le retrouver.
Le 27 mars, un rassemblement avait été prévu devant la faculté des sciences de Reims pour soutenir la famille et sensibiliser sur sa disparition. La découverte du corps avant ce rendez-vous a transformé cette mobilisation en une tragique confirmation.
Confirmation du suicide
En fin d’après-midi, le procureur de la République de Reims, François Schneider, a confirmé que le corps retrouvé était bien celui de Mathieu Moubamba Mouity et qu’il s’agissait d’un suicide. Aucune autopsie ne sera réalisée. Ce jeune étudiant avait déjà connu des épisodes dépressifs sévères , rapporte france3-regions.franceinfo.fr. En septembre 2025, il avait disparu quelques jours, laissant une lettre évoquant ses intentions suicidaires, avant d’être retrouvé sain et sauf le long du canal de la Marne. Il avait ensuite été hospitalisé en psychiatrie pendant une semaine.
Un jeune homme apprécié mais fragile
Ses proches se souviennent d’un garçon "sympathique, drôle, mais lunatique". Son colocataire raconte : "Parfois, on rigolait et cinq minutes après, il se fermait. Il y avait beaucoup de moments pendant lesquels il était pensif." Amateur de jeux vidéo, de musculation et d’urbex, Mathieu Moubamba Mouity partageait sa vie étudiante avec un autre compatriote arrivé du Gabon. Ses parents, restés au Gabon, ont appris la terrible nouvelle à distance.
Ben Eloge Igwet, membre de la communauté gabonaise à Reims, souligne l’importance de rester actif et solidaire face à ces drames : "On ne voulait pas rester les bras croisés, on veut vraiment faire le maximum. Sa famille n'est pas seule. La dépression peut toucher tout le monde…"
Sensibilisation à la dépression
Cette tragédie met en lumière la fragilité psychologique que peuvent connaître certains jeunes, surtout lorsqu’ils vivent loin de leur famille. Les experts insistent sur l’importance de repérer les signes de dépression et de favoriser le dialogue, en particulier chez les étudiants confrontés au stress des études et à l’isolement.
Le décès de Mathieu Moubamba Mouity rappelle que personne n’est à l’abri de la souffrance psychologique et que chaque disparition tragique est aussi un appel à la vigilance et à la solidarité. Pour ses amis et sa famille, la douleur est immense, mais le message qu’ils souhaitent transmettre est la prévention et l’accompagnement sont essentiels pour sauver des vies.