ABANDON DES SINISTRÉS PK7
Des dossiers déposés, mais pas de réponses concrètes.
Malgré des dossiers déposés auprès des autorités, aujourd’hui les populations dénoncent l’absence de suivi et réclament des mesures concrètes pour sécuriser leurs maisons.
Alain Mabika, représentant local des sinistrés, explique que plusieurs demandes ont été envoyées aux autorités. « Le ministre de l'Intérieur a affecté des techniciens sur le terrain qui ont pris contact avec moi et nous avions rempli des documents, des dossiers, les demandes d'aide. Bon, nous sommes aujourd'hui à trois mois, nous attendons toujours la suite. »
Selon lui, le ministère a commencé à intervenir, mais les démarches restent lentes. « Parce que si déjà le ministère a pu déléguer une équipe sur le terrain, ça veut dire qu'il y a des mesures qui sont en train d'être prises. Donc, nous, qu'est-ce que nous faisons ? Nous attendons justement le retour du ministère vers nous. »
Une menace permanente liée à la géographie et aux intempéries.
Les habitants vivent dans la crainte des prochaines pluies. « On peut délocaliser cette zone. L'amener à un lieu plus vivable par rapport à ici. Parce qu'à chaque fois qu'il va pleuvoir, il y a une inquiétude. Chaque fois, si ce n'est pas un toit qui est parti, c'est une maison qui est tombée », explique Mabika.
Heureusement, les éboulements du 26 au 27 janvier 2026 n’ont fait aucune victime : « Dieu merci, tout ce qu'il y a eu comme éboulements, on n'a pas enregistré de morts d'hommes. Juste des dégâts matériels. »
Il lance un appel direct aux autorités. « Je lance un cri d'alarme au président de la République pour qu'il regarde avec minutie la situation des habitants des PK7 , surtout en matière d’eau et de relief. »
Les résidents racontent leurs nuits d’angoisse.
Léa Nguimbi, retraitée, raconte la nuit où la pluie a causé des dégâts importants. « Mes petits-enfants et moi avons géré la nuit, compte tenu de l’état de santé de mon mari, je leur ai demandé de ne rien lui dire. Il n'y a pas eu de perte de vie humaine, mais les dégâts matériels sont importants. »
Elle décrit l’inaction des autorités. « Nous n'attendons que de l'aide. Nous sommes des retraités, des retraités maladifs, et avec des problèmes comme ça, on ne peut que demander de l'aide aux autorités. »
Une population en attente d’une intervention de l’État.
Jean, résident du PK7, rappelle la responsabilité de l’État envers les sinistrés. « Depuis le 28 janvier 2026 jusqu'à aujourd'hui, l'état gabonais abandonne les sinistrés. Nous voulons savoir quel est le rôle de l'État vis-à-vis de la population qui subit des dégâts naturels. »
Pour lui, les habitants vulnérables ne peuvent pas rester sans soutien. « Surtout pour nous qui n'avons pas eu d'argent, qui n'avons pas eu de retraite. Nous souffrons. Il faut que quelque chose marche, qu'on dise que là ils ont pensé à nous. »
Les habitants des quartiers PK7 Colékum attendent désormais que l’État prenne des mesures concrètes pour sécuriser les zones à risque, améliorer l’accès à l’eau et prévenir de nouvelles pertes matérielles et humaines lors des prochaines intempéries.