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LA TRANSPARENCE DANS LA GESTION PUBLIQUE, CLÉ DE LA RÉCONCILIATION ET DU DÉVELOPPEMENT DURABLE

LA TRANSPARENCE DANS LA GESTION PUBLIQUE, CLÉ DE LA RÉCONCILIATION ET DU DÉVELOPPEMENT DURABLE
Transparence dans la gestion publique au Gabon : enjeux, réformes et perspectives de développement.

La gestion publique est au cœur de l’évolution de tout État. Dans un contexte où la confiance des citoyens envers leurs institutions est souvent mise à mal, la transparence constitue l’un des leviers essentiels pour rétablir cette relation de confiance. Le Gabon, comme beaucoup d’autres pays africains, fait face à de nombreux défis pour instaurer une gestion publique exemplaire. Pourtant, la transparence dans la gestion des ressources publiques apparaît aujourd’hui comme un impératif pour garantir une gouvernance efficace, inclusive et responsable.


Le Gabon, un pays aux enjeux complexes


Le Gabon, petit pays d’Afrique centrale, riche en ressources naturelles, notamment en pétrole, bois et minéraux, devrait être un modèle de prospérité. Cependant, les nombreux scandales de corruption et de mauvaise gestion ont terni l’image du pays sur la scène internationale. Des institutions fragiles, un manque de culture de l’éthique dans la gestion publique et un déficit de gouvernance ont contribué à la méfiance populaire. Le pays, qui compte environ 2,3 millions d’habitants, fait face à des défis de taille, notamment une croissance économique qui ne profite pas à tous, avec près de 33% de la population vivant sous le seuil de pauvreté selon la Banque mondiale.


Les ressources financières du pays, bien que conséquentes, sont souvent mal utilisées, au détriment des infrastructures publiques et des services de base, tels que la santé et l'éducation. La situation devient encore plus préoccupante lorsqu’on observe le faible indice de transparence dans la gestion des finances publiques. En effet, le Gabon a été classé 135e sur 180 pays dans l'Indice de Perception de la Corruption 2022 de Transparency International, un signal d’alarme pour les autorités gabonaises.


La transparence, un vecteur de bonne gouvernance


La transparence n’est pas seulement une question de lutte contre la corruption, elle est aussi un outil fondamental de gouvernance. Elle permet d’instaurer un environnement où l’information est partagée de manière claire, et où les citoyens peuvent comprendre, suivre et contrôler la gestion des finances publiques. Lorsque l'État est transparent, il rend des comptes de manière régulière et accessible à tous les citoyens. Cela permet non seulement de prévenir les abus de pouvoir, mais aussi de renforcer la crédibilité des institutions publiques.


L’importance de cette transparence s’illustre particulièrement à travers l'exemple des finances publiques. Au Gabon, les dépenses de l'État sont parfois opaques, ce qui nourrit la suspicion et l'incertitude. Par exemple, entre 2010 et 2020, le pays a enregistré une série de prêts et de dettes publiques sans toujours en rendre compte de manière claire et exhaustive. En 2018, le Gabon a été contraint de demander l’aide du Fonds monétaire international (FMI) après une crise financière liée à une gestion inefficace de ses ressources.


Dans ce contexte, le renforcement de la transparence dans la gestion des finances publiques est crucial pour redonner confiance à la population et aux bailleurs de fonds internationaux. Le pays a cependant entamé des réformes dans ce domaine, notamment avec la mise en place de la plateforme Gabon-TIC, un portail permettant de suivre en temps réel les dépenses publiques. Une avancée qui, bien qu'encourageante, reste insuffisante pour garantir une gestion optimale des fonds publics à l’échelle nationale.


Les efforts du gouvernement et les initiatives citoyennes


Depuis l'ascension au pouvoir du président Brice Clotaire Oligui Nguema, plusieurs initiatives ont été lancées pour renforcer la transparence et l’intégrité dans la gestion publique. Notons qu'en 2021, un nouveau Code des marchés publics a été adopté afin de lutter contre la corruption dans les procédures d’attribution des contrats. Des efforts sont également en cours pour réformer le secteur pétrolier et mettre en place une comptabilité publique plus rigoureuse. Cependant, ces réformes restent incomplètes et leur mise en œuvre doit être plus systématique.


Par ailleurs, la société civile gabonaise a également un rôle majeur à jouer. Plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) locales, comme Gabon Transparence et Réseau des Acteurs de la Gouvernance et de la Transparence, militent pour un meilleur accès à l’information publique et pour une participation plus active des citoyens dans les processus décisionnels. Ces initiatives, souvent portées par des jeunes engagés, sont des moteurs importants pour la création d’une culture de la transparence.


Il est également intéressant de noter que la presse gabonaise, bien que confrontée à des défis d'indépendance et de financement, joue un rôle clé dans la dénonciation des dérives de la gestion publique. Grâce à une presse libre et indépendante, ainsi que dans les médias publics, des scandales de corruption ont été mis au jour, comme celui des biens mal acquis, où plusieurs personnalités politiques et économiques ont été accusées d’enrichissement illicite. Ces révélations, bien que parfois limitées dans leurs conséquences juridiques, ont contribué à sensibiliser la population sur la nécessité d’une gestion plus transparente des biens publics.


Des défis à surmonter


Malgré ces avancées, de nombreux obstacles restent à franchir pour parvenir à une véritable transparence. La culture du secret, la lenteur de la justice et les résistances au changement au sein de l'administration publique compliquent les efforts entrepris. De plus, les moyens technologiques et humains pour surveiller efficacement l’utilisation des ressources publiques sont encore insuffisants.


Les citoyens, quant à eux, ont un rôle très important à jouer. La participation active, l'exercice du droit de demander des comptes et l'exercice de la citoyenneté numérique via des plateformes de suivi en ligne peuvent contribuer à renforcer cette dynamique. La transparence ne peut être un simple mot à la mode. Elle doit se traduire par des actions concrètes et une véritable volonté politique de la part des autorités gabonaises.


Un avenir à construire


La transparence dans la gestion publique est plus qu’une exigence éthique, c’est une condition sine qua non pour la stabilité et le développement durable du Gabon. Il est impératif que les réformes engagées par le président Brice Clotaire Oligui Nguema soient poussées avec davantage de fermeté, tout en favorisant la participation des citoyens et des acteurs de la société civile. Dans un monde où l’information est de plus en plus accessible, il est inconcevable qu’un pays aussi riche que le Gabon continue de se cacher derrière le voile du manque de transparence. 


 





 




Par Pamphil

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