LES POLITICIENS GABONAIS PENSENT- ILS AUX ÉLECTIONS OU AU PAYS ?
Le Gabon est un pays riche de son potentiel et de ses ressources naturelles. Cependant, depuis plusieurs décennies, la politique gabonaise semble s'être enfermée dans une routine où les enjeux véritables du développement du pays passent au second plan, éclipsés par une lutte incessante pour les postes et les privilèges. Les politiciens gabonais, notamment ceux en haut de l'échelle, semblent plus préoccupés par leurs stratégies électorales et leurs alliances de circonstance que par les préoccupations profondes des Gabonais. La vie chère, le chômage, l’économie, l’industrie, l’agriculture et l'éducation.
L'absence de débats économiques : une politique de dépendance au pétrole
Aujourd'hui, les débats sur l'avenir économique du Gabon sont pratiquement inexistants. Le pays, malgré ses immenses ressources pétrolières, minérales et forestières, peine à diversifier son économie. La dépendance au pétrole est criante, et pourtant, les discussions sur des alternatives économiques viables sont rares. Les partis politiques ne proposent aucune stratégie ambitieuse pour réduire cette dépendance. Au lieu de cela, ils se concentrent sur des manœuvres tactiques et sur la gestion de leurs parts de pouvoir, dans des alliances souvent fragiles, mais calculées.
Des nominations politiciennes et des manœuvres tactiques
Les nominations, qu'elles soient ministérielles ou à des postes clés de l'administration, semblent dictées par des considérations purement politiciennes. Cette situation commence à changer avec l’avènement de la 5e République. La priorité semble être accordée à la distribution des postes selon des critères ethniques ou partisans, plutôt qu'à la compétence ou à la vision stratégique pour le pays. L'absence de débats sérieux sur des sujets comme l’agriculture et l’industrie aggrave encore la situation. La question agricole, pourtant très importante dans un pays où une partie importante de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, reste en marge des préoccupations des autorités et des partis politiques. Le pays, qui dispose de vastes terres arables, pourrait en faire un pôle de production pour l'Afrique centrale, mais encore une fois, ce secteur est largement négligé, et la politique agricole est laissée aux aléas du marché mondial.
Une industrie sous-développée et une vision de diversification absente
L'industrie, de son côté, reste sous-développée, et la vision d'un Gabon industriel semble être un vœu pieu. Le pays est plus connu pour ses exportations de matières premières que pour la transformation de celles-ci. Les rares tentatives d'industrialisation, souvent plombées par des problèmes d'infrastructures et de gestion, peinent à décoller. Pourtant, la diversification de l’économie est essentielle pour créer de la valeur ajoutée et des emplois durables pour les Gabonais. Le manque de vision claire sur ce point se traduit par l’absence de véritables réformes et stratégies d’industrialisation, comme on en voit dans d'autres pays émergents de la région.
L'enseignement supérieur et l'éducation : une crise persistante
Si l’on prend un instant pour réfléchir à l’enseignement supérieur et à l'éducation, un autre secteur négligé, on constate qu'il y a une réelle crise qui persiste depuis des années. Les universités gabonaises, bien qu'en expansion, manquent de moyens et de formations de qualité qui répondent aux besoins d'une économie moderne et compétitive. La jeunesse gabonaise, pourtant un atout précieux, se retrouve souvent avec une éducation qui ne correspond pas aux exigences du marché du travail local et international. Cela crée un fossé entre la formation académique et les besoins réels du pays. Mais là encore, les discussions sur une réforme profonde du système éducatif sont quasi inexistantes.
Le manque de débats sur les vrais enjeux du pays
Les politiciens gabonais, quand ils prennent la parole, le font le plus souvent pour défendre leur position, leur parti ou leur alliance. Les débats autour des idées et des visions pour le pays sont relégués au second plan. Au lieu de proposer des politiques publiques innovantes pour moderniser l’agriculture, dynamiser l’industrie ou renforcer l’éducation, le discours politique se limite à des promesses répétitives et à des tiraillements pour des postes de pouvoir. Les partis politiques semblent plus intéressés par le jeu des alliances, des nominations, et des manœuvres tactiques que par la mise en place de politiques concrètes pour le développement du pays.
Repenser la politique gabonaise : de la bataille des postes à la bataille des idées
Les Gabonais, dans leur grande majorité, restent désabusés et déconnectés de cette politique de petits calculs. Leur quotidien reste marqué par un chômage très élevé, une pauvreté persistante et un accès limité aux services de base. L'absence de débats substantiels sur l’économie, l’agriculture, l'industrie et l'éducation est un reflet de l'indifférence de la classe politique face aux vrais enjeux du pays. Il est grand temps que les acteurs politiques, quelle que soit leur appartenance, remettent au cœur du débat public les véritables préoccupations des Gabonais et qu'ils arrêtent de se perdre dans une course aux postes.
Si le Gabon veut réellement se projeter dans l'avenir et se libérer des chaînes de sa dépendance au pétrole, il est impératif que les politiciens prennent conscience que la bataille des idées doit remplacer celle des postes. C’est à travers une véritable vision pour le pays, basée sur l’industrialisation, la diversification économique, la modernisation de l’agriculture et l'amélioration de l’éducation, que le Gabon pourra espérer un avenir meilleur. Mais pour cela, les leaders politiques devront cesser de jouer à un jeu politique stérile et se concentrer sur ce qui compte vraiment. L’avenir du pays et le bien-être des Gabonais.