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LES RECETTES FISCALES AU GABON, ÉVOLUTION RÉCENTE ET ENJEUX

LES RECETTES FISCALES AU GABON, ÉVOLUTION RÉCENTE ET ENJEUX
Recettes fiscales au Gabon : évolution, chiffres clés et perspectives 2023-2026

Les recettes fiscales constituent l’un des piliers fondamentaux du budget de l’État gabonais. Elles regroupent l’ensemble des impôts, taxes et droits collectés par l’administration fiscale et douanière afin de financer les politiques publiques. Dans un contexte marqué par la volatilité des revenus pétroliers, le Gabon s’efforce depuis plusieurs années de renforcer la mobilisation de ses ressources fiscales internes afin de réduire sa dépendance aux hydrocarbures.


Cette orientation s’inscrit dans une stratégie globale de diversification économique et d’assainissement des finances publiques, notamment depuis la transition politique engagée après 2023.


Situation en 2023 : une relative stabilité budgétaire


En 2023, les finances publiques gabonaises présentaient une situation relativement favorable. Le pays affichait un excédent budgétaire estimé à 1,8 % du PIB, soutenu en grande partie par les recettes pétrolières. 


Cependant, cette performance masquait une faiblesse structurelle. La part des recettes fiscales hors pétrole restait encore insuffisante. Le système fiscal reposait sur une assiette étroite et une forte concentration des contribuables, limitant ainsi la capacité de l’État à mobiliser des ressources durables.


Année 2024 : contre-performance du recouvrement fiscal


L’année 2024 marque un recul significatif des performances fiscales. Les recettes effectivement collectées se sont élevées à 1 080,73 milliards FCFA, soit seulement 60,45 % de l’objectif fixé à 1 787,8 milliards FCFA. 


Ce déficit de mobilisation met en évidence plusieurs faiblesses structurelles :




  • une administration fiscale encore peu performante,




  • une fraude fiscale persistante,




  • une assiette fiscale limitée,




  • une dépendance à quelques grandes entreprises.




Par ailleurs, la situation budgétaire s’est détériorée, avec un déficit estimé à –3,7 % du PIB en 2024. (Gabon Media Time)


Ces résultats ont renforcé la nécessité de réformes profondes du système fiscal gabonais.


2025 : un budget en hausse et des réformes fiscales


Pour l’année 2025, le budget de l’État gabonais a été arrêté à 4 204,9 milliards FCFA, en légère hausse par rapport à 4 162 milliards FCFA en 2024. 


Le gouvernement a alors mis en œuvre plusieurs mesures visant à accroître les recettes fiscales :




  • élargissement de l’assiette fiscale,




  • renforcement du contrôle fiscal,




  • amélioration du recouvrement,




  • augmentation de certains taux d’imposition (notamment pour les non-résidents).




L’objectif principal était d’augmenter la pression fiscale de manière maîtrisée afin de financer les besoins croissants en infrastructures (routes, énergie, santé, éducation).


2026 : une forte progression attendue des recettes fiscales


Les perspectives pour 2026 traduisent une ambition plus marquée en matière de mobilisation fiscale. Selon le projet de loi de finances, les recettes fiscales devraient atteindre environ 2 403 à 2 404 milliards FCFA, soit une hausse de 30 % par rapport à 2025 (1 854 milliards FCFA). 


Cette progression repose sur plusieurs leviers :




  • la digitalisation du système fiscal (déclarations et paiements en ligne),




  • la réduction des exonérations fiscales,




  • la création de nouvelles taxes,




  • la lutte accrue contre la fraude.




Dans la loi de finances 2026, les recettes fiscales internes deviennent même la première source de financement du budget, avec environ 1 544 milliards FCFA, devant les recettes pétrolières estimées à 1 525 milliards FCFA.


Ce basculement constitue un tournant majeur pour l’économie gabonaise.


Un budget 2026 ambitieux mais contraint


Le budget 2026 a connu plusieurs ajustements. Initialement fixé à 7 233,3 milliards FCFA, il a été révisé à environ 6 358,2 milliards FCFA afin de tenir compte des contraintes financières et des critiques des institutions internationales.Les recettes propres de l’État sont estimées à 4 153,9 milliards FCFA, confirmant le rôle central des ressources internes, notamment fiscales. 


Cependant, malgré ces efforts, le pays fait face à des défis importants :




  • un déficit budgétaire persistant (prévu autour de –4 % du PIB en 2026),




  • un niveau d’endettement en hausse,




  • des besoins élevés en investissements publics.




Les enjeux futurs des recettes fiscales


L’évolution récente des recettes fiscales au Gabon met en lumière une transition progressive vers un modèle économique moins dépendant du pétrole. Entre 2021 et 2024, les recettes fiscales sont passées de 9,5 % à 16,1 % du PIB, traduisant une amélioration notable de la mobilisation fiscale. 


Toutefois, plusieurs défis restent à relever :




  • élargir durablement l’assiette fiscale,




  • améliorer la gouvernance et la transparence,




  • renforcer la confiance des contribuables,




  • moderniser l’administration fiscale.




La réussite de ces réformes conditionnera la capacité du Gabon à financer son développement économique et social à long terme.


Rôle croissant dans le budget 


Entre 2023 et 2026, les recettes fiscales du Gabon ont connu une évolution contrastée, marquée par une contre-performance en 2024, suivie d’une forte ambition de redressement à partir de 2025 et surtout en 2026. L’augmentation prévue des recettes fiscales et leur rôle croissant dans le budget témoignent d’un changement structurel important.


Si les réformes engagées portent leurs fruits, le Gabon pourrait consolider son autonomie financière et réduire sa dépendance aux ressources pétrolières. Toutefois, cette transition reste fragile et dépendra de la capacité de l’État à moderniser durablement son système fiscal.

Par Pamphil

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