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LA PRODUCTION INDUSTRIELLE AU GABON, ENTRE DÉPENDANCE EXTRACTIVE ET AMBITIONS DE TRANSFORMATION

LA PRODUCTION INDUSTRIELLE AU GABON,  ENTRE DÉPENDANCE EXTRACTIVE ET AMBITIONS DE TRANSFORMATION
Production industrielle au Gabon croissance 2023 2026 défis et perspectives économiques

Au Gabon, parler de production industrielle revient d’abord à évoquer une évidence. L’économie gabonaise reste largement dominée par les industries extractives. Le pétrole, le manganèse et le bois constituent l’essentiel de la base industrielle nationale. Selon les données convergentes de la Banque mondiale et du FMI, le secteur industriel représente une part significative du PIB, portée en grande partie par ces ressources naturelles.


Une industrie encore dominée par les ressources naturelles


En 2023, la croissance économique du pays s’est établie autour de 2,3 % à 2,4 %, marquant un ralentissement lié à la baisse de la demande mondiale et aux perturbations logistiques, notamment dans le transport ferroviaire des matières premières. 


Ce ralentissement n’a pas épargné la production industrielle. Les exportations de bois ont chuté d’environ 10 %, tandis que celles des produits miniers ont reculé de 3,5 %. 


2024 : une reprise prudente mais fragile


L’année 2024 s’inscrit dans une dynamique de reprise modérée. Les institutions internationales, notamment le FMI, anticipent une croissance avoisinant 3 %, soutenue par une légère amélioration des cours des matières premières et par des investissements dans les secteurs non pétroliers. 


Cependant, cette reprise reste fragile. La Banque mondiale souligne que la production industrielle continue d’être affectée par des contraintes structurelles. Coûts élevés de l’énergie, insuffisance des infrastructures et dépendance aux marchés extérieurs. 


Dans la filière bois, pourtant stratégique, la contribution au PIB stagne autour de 5 %, malgré les ambitions d’industrialisation portées par des projets comme la zone économique spéciale de Nkok. 


2025 : diversification industrielle en chantier


À l’horizon 2025, les projections indiquent une croissance autour de 2,8 %, avec une volonté affichée des autorités de diversifier la production industrielle.  


Les politiques publiques mettent l’accent sur :




  • la transformation locale du bois (contreplaqué, meubles),




  • le développement de l’agro-industrie,




  • la valorisation du manganèse sur place.




Dans cette dynamique, certaines branches industrielles commencent à émerger. Les industries chimiques, les matériaux de construction ou encore la production de gaz industriels enregistrent des performances encourageantes, même si elles restent marginales dans l’ensemble de l’économie. 


Mais le défi reste immense. L’industrialisation du Gabon demeure freinée par une faible base technologique et un tissu industriel encore peu diversifié.


2026 : entre espoirs industriels et réalités persistantes


En 2026, les perspectives de croissance se stabilisent autour de 2,6 % à 2,9 %, selon les tendances observées par les institutions internationales. 


La production industrielle montre des signes contrastés. D’un côté, certaines filières progressent grâce à la demande locale et régionale. De l’autre, des secteurs comme le ciment ou certaines industries lourdes connaissent des baisses de production, illustrant la vulnérabilité de l’appareil industriel. 


Cette situation traduit une réalité que tout observateur averti connaît. L’industrialisation gabonaise avance, mais à petits pas, souvent freinée par les aléas extérieurs.


Le poids persistant des contraintes structurelles


Au fil des années, les mêmes obstacles reviennent, comme un refrain bien connu :




  • insuffisance des infrastructures de transport,




  • dépendance aux exportations de matières premières,




  • faible transformation locale,




  • accès limité au financement industriel.




À cela s’ajoute une dette publique en hausse, estimée à environ 70,5 % du PIB en 2023, ce qui limite les marges de manœuvre budgétaires pour soutenir l’industrie. 


Le marché de l’emploi reflète également ces difficultés. Le chômage touche plus d’un Gabonais sur trois, preuve que la croissance industrielle reste peu inclusive. 


Une industrialisation encore à construire


Malgré tout, il serait injuste de ne voir que les faiblesses. Le Gabon dispose d’atouts considérables :




  • une richesse exceptionnelle en ressources naturelles,




  • une position stratégique en Afrique centrale,




  • un potentiel forestier unique au monde,




  • une volonté politique affichée de transformation locale.




L’enjeu, aujourd’hui, n’est plus seulement de produire, mais de transformer. Transformer le bois en meubles, le manganèse en produits finis, le pétrole en valeur ajoutée locale.


C’est là que se joue l’avenir industriel du pays.


Le rendez-vous de l’histoire industrielle


À 50 ans passés, en observant l’évolution de notre économie, une conviction s’impose. Le Gabon est à un tournant.


Entre 2023 et 2026, les chiffres montrent une croissance modérée, oscillant entre 2,3 % et près de 3 %, mais surtout une lente mutation du tissu industriel. 


La production industrielle gabonaise reste encore prisonnière de son modèle extractif. Mais les bases d’une industrialisation plus ambitieuse sont posées.


Le pays souhaite transformer ses richesses en véritable puissance industrielle. Car le Gabon n’est pas pauvre, il est encore en chantier.

Par Pamphil

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