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DEUX SEMAINES SANS ÉLECTRICITÉ EN JOURNÉE

DEUX SEMAINES SANS ÉLECTRICITÉ EN JOURNÉE
Délestages à Libreville : centre-ville paralysé en pleine journée depuis deux semaines

Depuis près de deux semaines, le centre-ville de Libreville vit au rythme d’un phénomène qui aurait été inimaginable il y a encore quelques années. Des délestages et des coupures d’électricité interminables en pleine journée, au cœur même du pouvoir administratif et économique gabonais. Plateau administratif, Bord de mer, Glass, Charbonnages, Batterie IV, Louis, centres d’affaires, banques, commerces, restaurants, administrations publiques. Tout ou presque est régulièrement plongé dans le noir pendant des heures.


Le cœur économique du Gabon s’éteint en pleine journée


Cette fois, les délestages ne frappent plus seulement les quartiers périphériques. Ils touchent désormais le poumon économique du pays. Et le constat est brutal. Le quartier d’affaires de Libreville fonctionne désormais comme une ville en crise énergétique chronique.


Le plus choquant reste peut-être l’horaire des coupures. En matinée, précisément au moment où les entreprises ouvrent leurs portes, où les administrations accueillent le public et où les activités commerciales battent leur plein, l’électricité disparaît parfois jusqu’en début d’après-midi voire vers 17 heures. 


Deux semaines de délestages au centre-ville : l’impensable est devenu quotidien


Des immeubles entiers s’éteignent. Les climatiseurs cessent de fonctionner. Les ascenseurs tombent en panne. Les réseaux Internet deviennent instables. Les petits commerces ferment leurs rideaux faute de solutions alternatives.


Dans certains bâtiments du centre-ville, les employés travaillent dans la pénombre, ventilateurs arrêtés, ordinateurs déchargés et connexion interrompue. Une scène qui donne au centre ville de Libreville des allures de capitale sans électricité.


Le centre névralgique du pays paralysé


Le centre-ville de Libreville n’est pas un quartier ordinaire. Il concentre l’essentiel des activités stratégiques du Gabon. Banques, compagnies d’assurances, opérateurs télécoms, sièges d’entreprises, ministères, directions générales, agences de voyage, cabinets d’avocats, commerces modernes, hôtels, restaurants. Toute la mécanique économique nationale converge vers ce périmètre.


Lorsqu’il sombre dans les délestages multiples et en matinée jusqu'à l'après midi, c’est une partie du pays qui ralentit.


Dans plusieurs établissements bancaires du centre-ville, les opérations sont perturbées presque quotidiennement. Les distributeurs automatiques cessent parfois de fonctionner. Les paiements électroniques deviennent aléatoires. Les commerçants, eux, voient les clients repartir faute de terminaux actifs ou de climatisation.


« Nous perdons de l’argent tous les jours », lâche un restaurateur du Bord de mer. « Quand le courant part à 10 heures et revient à 16 heures, les clients ne restent pas. Les produits se détériorent. Même les employés sont découragés. »


Le spectacle devient saisissant. Les escaliers des immeubles du centre-ville, autrefois illuminés, plongent dans une obscurité inhabituelle. Les enseignes lumineuses disparaissent. Les immeubles deviennent silencieux. On entend tous les bruits à l'intérieur des escaliers. Le bruit des assiettes de ceux qui sont à table. Les pas des gens qui grimpent les escaliers ou descendent les marches. Les groupes électrogènes prennent le relais dans un vacarme permanent, pour ceux qui peuvent encore se permettre le carburant.


Une capitale pétrolière incapable d’assurer l’électricité de son centre-ville


C’est là toute la contradiction gabonaise.


Le Gabon demeure un pays producteur de pétrole, doté de ressources naturelles considérables et affichant régulièrement des ambitions de modernisation urbaine. Pourtant, le Gabon peine aujourd’hui à alimenter durablement son propre centre administratif et financier.


Pour beaucoup de Librevillois, la situation dépasse désormais la simple panne technique. Elle symbolise un dysfonctionnement plus profond des infrastructures publiques.


Comment expliquer qu’en 2026, le centre-ville d’une capitale digne de ce nom puisse rester sans électricité pendant des journées entières ? Comment accepter que les administrations publiques travaillent au ralenti à cause des coupures ? Comment attirer investisseurs et partenaires internationaux quand le principal quartier d’affaires du pays fonctionne sous perfusion de groupes électrogènes ?


Ces questions reviennent désormais avec insistance dans les discussions populaires, sur les réseaux sociaux et jusque dans les milieux économiques.


La SEEG multiplie les communications


Face à la colère montante, la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) multiplie les communications pour expliquer les délestages par des contraintes techniques, une forte demande en électricité et des incidents sur certaines installations.


Mais sur le terrain, les explications peinent à calmer l’exaspération.


Car les coupures s’enchaînent sans véritable amélioration visible. Les plannings annoncés changent régulièrement. Certains quartiers subissent des interruptions plus longues que prévu. Et surtout, beaucoup d’usagers ont le sentiment d’être abandonnés.


Dans les PME du centre-ville, la situation devient intenable. Toutes ne disposent pas de groupes électrogènes performants. Quant au coût du carburant, il explose pour les entreprises contraintes de produire elles-mêmes leur énergie plusieurs heures par jour.


« Nous payons l’électricité, puis nous payons le carburant pour compenser l’absence d’électricité », ironise un chef d’entreprise de Glass. « À ce rythme, certaines petites sociétés pourraient en pâtir »


Libreville face au risque d’une paralysie économique


Au-delà du désagrément quotidien, ces délestages massifs commencent à produire des effets économiques réels. Productivité en baisse, pertes commerciales, ralentissement administratif, dégradation des équipements électroniques, hausse des charges d’exploitation. Les conséquences s’accumulent.


Le secteur numérique est lui aussi fortement touché. Dans une économie où les services dépendent de plus en plus d’Internet, l’instabilité énergétique fragilise l’ensemble des activités connectées.


Le plus inquiétant reste peut-être l’impression d’impuissance qui gagne progressivement la population. Beaucoup de Librevillois disent ne plus savoir quand le courant partira ni quand il reviendra en journée au centre-ville. Cette incertitude permanente finit par  désorganiser toute la vie des affaires dans ce poumon de la capitale.


Au centre-ville, pourtant l'un des quartiers de la bourgeoisie n'habite pas un immeuble du centre ville de Libreville qui veut les habitants sont exaspérés.


Quand l'absence d'électricité devient un symbole


Au fond, ces coupures répétées racontent quelque chose de plus profond sur l’état des infrastructures du pays. Voir le centre-ville de Libreville privé d'électricité pendant des heures, en pleine activité, est une image forte. Une image qui frappe les esprits, les visiteurs et les investisseurs.


Le cœur du Gabon économique vacille sous les délestages.


Et dans les rues du Bord de mer, une question brûle les lèvres. Si même le centre-ville n’est plus épargné, alors qui l’est encore ?

Par Pamphil

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