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OLIGUI ACCUEILLE DENIS MUKWEGE

OLIGUI ACCUEILLE DENIS MUKWEGE
Denis Mukwege salue l’engagement du Gabon contre les violences sexuelles

Le Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu mardi au Palais Rénovation le Professeur Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix 2018. Cette rencontre intervient au terme d’une importante session de formation organisée à l’École d’application du service de santé militaire de Libreville au profit des médecins militaires et officiers de santé gabonais.


Cette visite officielle du célèbre gynécologue congolais et défenseur des droits humains marque une nouvelle étape dans la coopération du Gabon en matière de santé militaire et de protection des populations vulnérables, notamment les femmes et les enfants victimes de violences en période de conflit.


Une formation au service des victimes


Pendant plusieurs jours, l’École d’application du service de santé militaire de Libreville a accueilli des professionnels de santé venus renforcer leurs capacités sur la prise en charge des victimes de violences sexuelles. Le Professeur Denis Mukwege, mondialement reconnu pour son travail auprès des femmes victimes de viols de guerre en République démocratique du Congo, a partagé son expérience avec les médecins militaires gabonais et plusieurs officiers venus d’autres pays africains.


À travers cette formation, les participants ont été sensibilisés aux méthodes de prévention des violences sexuelles, à l’accompagnement psychologique des victimes ainsi qu’aux soins médicaux nécessaires dans les situations de conflit.


Le médecin congolais a insisté sur l’importance du rôle des hommes en uniforme dans la protection des populations civiles.


« Pour moi, c'était une occasion, une opportunité unique de pouvoir parler aux hommes en armes qui peuvent non seulement protéger mais prévenir les violences sexuelles. Et comme c'était des médecins, ils peuvent également réparer en cas de problèmes. Et je pense qu'aujourd'hui nous avons un problème qui ne concerne pas seulement un pays, c'est un problème qui devient général où dans tous les conflits, les femmes et les enfants sont les premières victimes. Donc je crois que c'est très important ce que le Gabon vient de faire, d'introduire en fait l'enseignement sur les violences sexuelles dans les conflits, comment les prévenir et j'étais heureux de voir qu'il n'y a pas que des Gabonais qui sont formés ici. Il y a au moins 12 pays qui envoient leurs officiers supérieurs pour être formés ici. Et donc sur le plan africain, il y a un impact.


Il faut savoir que l'Afrique aujourd'hui a 40 % des conflits, tout conflit confondu dans le monde, l'Afrique en a 40 %. Donc je pense que si le Gabon prend ce leadership de former les soldats à comment protéger les femmes dans les conflits ? Comment prévenir que les femmes subissent des viols et lorsqu'elles sont victimes, comment les soigner ? Je pense que tout ce que nous pouvons demander au gouvernement gabonais, c'est de pouvoir être la voix des femmes en Afrique », a déclaré le Professeur Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix 2018.


Le Gabon veut jouer un rôle continental


Cette initiative du Gabon montre la volonté des autorités de faire du pays un acteur majeur dans la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits armés. En accueillant cette formation internationale, Libreville confirme son ambition de devenir un centre de référence pour la santé militaire en Afrique centrale.


Selon plusieurs observateurs, cette démarche est importante dans un contexte où les conflits continuent de provoquer des drames humains sur le continent africain. Les violences sexuelles sont aujourd’hui utilisées comme armes de guerre dans plusieurs régions du monde.


Face à cette réalité, les Nations Unies ont adopté les résolutions 1325 et 1820 qui reconnaissent officiellement le viol comme une arme de guerre et un crime contre l’humanité. Ces textes internationaux appellent les États à protéger les femmes et les enfants et à lutter contre l’impunité.


Durant les échanges avec les médecins militaires gabonais, Denis Mukwege a également insisté sur la nécessité d’accompagner les victimes et de changer le regard de la société sur les femmes ayant subi des violences.


Briser le silence et combattre l’impunité


Le Prix Nobel de la Paix a rappelé que le silence reste l’un des plus grands obstacles dans la lutte contre les violences sexuelles. Selon lui, les victimes doivent être soutenues par leurs communautés afin qu’elles puissent dénoncer les crimes subis.


« Nous avons eu une partie qui a beaucoup plus parlé de l'impunité, la lutte contre l'impunité et je pense qu'aujourd'hui c'est en fait le viol qui était considéré comme inévitable dans le conflit avec la résolution 1325 et 1820. Le viol est tout à fait devenu un crime et nous avons besoin de pouvoir donc divulguer dans la société, que la société comprenne que c'est un crime et que les femmes qui sont victimes ne soient pas mises de côté.


Il faut absolument que la société puisse les soutenir et d'un autre côté, il faut soutenir les femmes pour qu'elles puissent rompre le silence puisque lorsque les femmes gardent le silence en fait elles souffrent et c'est leur bourreau qui continue à détruire leur environnement. Et cela, je crois que ça soit dans un pays en paix ou en guerre.


Il faut absolument que les femmes puissent rompre le silence et que la communauté puisse soutenir les victimes et avoir des responsabilisations au niveau individuel mais aussi au niveau des États », a ajouté le Professeur Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix 2018.


Ces propos ont fortement marqué les participants à cette session de formation. Plusieurs médecins militaires ont reconnu l’importance de mieux préparer les équipes médicales à gérer ce type de situations souvent complexes et traumatisantes.


Une reconnaissance pour la santé militaire gabonaise


À l’issue de cette visite, le Professeur Denis Mukwege a salué les efforts entrepris par le Gabon pour renforcer les capacités locales dans le domaine de la santé militaire. Il a encouragé les autorités gabonaises à poursuivre cette dynamique afin de protéger davantage les populations vulnérables.


Le spécialiste congolais estime que le Gabon dispose d’un potentiel important pour devenir un leader régional dans les questions de santé humanitaire et de prise en charge des victimes de conflits.


En recevant le Prix Nobel de la Paix au Palais Rénovation et en organisant cette formation internationale, le Gabon envoie également un message fort à la communauté internationale sur son engagement pour la paix, la justice et la dignité humaine.


Cette initiative s’inscrit dans une vision plus large visant à faire de la santé un instrument de paix et de stabilité sur le continent africain. Pour de nombreux observateurs, la présence du Professeur Denis Mukwege à Libreville représente une étape importante dans le développement des compétences médicales militaires gabonaises et dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants en Afrique.

Par Pamphil

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