SONKO AU PERCHOIR (ANALYSE)
Une reconfiguration stratégique au sommet de l'État
La destitution d'Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre suivie de sa réélection triomphale au perchoir (avec 132 voix sur 133) marque la fin d'une crise institutionnelle de plusieurs mois. Cela illustre la volonté de l'exécutif d'apaiser les tensions avec les bailleurs internationaux, notamment concernant la dette du pays, tout en permettant à Sonko de reprendre le contrôle direct de l'appareil législatif.
Une Assemblée nationale transformée en véritable contre-pouvoir
Sonko l'a affirmé dès sa prise de fonction. Le Parlement « ne sera pas une chambre d'enregistrement ». Ayant les rênes du parti Pastef (majoritaire avec 130 députés sur 165), il dispose désormais des leviers pour valider, amender ou rejeter les projets de loi émanant du gouvernement. Il s'assure ainsi de garder la main sur les réformes promises aux Sénégalais tout en pesant sur l'exécutif.
Le maintien de la feuille de route souverainiste
Malgré la nomination d'un nouveau Premier ministre technocrate (Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô), la ligne du parti reste la priorité. À la tête du législatif, l'ancien chef du gouvernement a les moyens de pousser les dossiers de souveraineté économique (notamment les débats sur le Franc CFA et la renégociation des contrats miniers et pétroliers), empêchant toute déviation de la ligne originelle du projet présidentiel.
Les chantiers législatifs : souveraineté alimentaire, éducation et moralisation
Parmi les dossiers prioritaires portés par la nouvelle majorité parlementaire figurent l'accélération des grands chantiers d'infrastructures (eau, routes, pôles industriels) et la relance des chaînes de valeur agricoles pour atteindre l'autosuffisance. De plus, les lois visant la moralisation de la vie publique et le contrôle strict des financements étrangers pour les ONG restent au cœur des textes qu'il entend promouvoir.
Gestion de la dette et reddition des comptes : les dossiers chauds
L'économie sénégalaise est plombée par une dette très élevée. Le nouveau président du perchoir a fait de la lutte contre la corruption et de la transparence sur les finances publiques son cheval de bataille. Le contrôle des fonds politiques et la reddition des comptes concernant l'ancienne gestion de l'État sous Macky Sall seront les dossiers le les plus sensibles qui structureront l'action de cette nouvelle Assemblée.