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OPPOSITION EN RDC : CLIMAT DE TERREUR DÉNONCÉ

OPPOSITION EN RDC : CLIMAT DE TERREUR DÉNONCÉ
RDC : violente répression de la manifestation de l'opposition à Kinshasa

Kinshasa a été le théâtre d’une manifestation de l’opposition congolaise contre le projet controversé de réforme constitutionnelle. Selon des témoins et acteurs politiques, cette mobilisation a été violemment réprimée par les forces de l’ordre, faisant plusieurs blessés parmi les leaders de l’opposition. À ce jour,


"les autorités n'ont pas encore réagi et nous n'avons pas de bilan officiel"


rapporte un correspondant sur place.


Parmi les personnalités blessées figurent notamment Martin Fayulu, candidat malheureux à la présidentielle et l’un des principaux figures de l’opposition, ainsi que Délice D. Sesanga et Jean-Marc Kabund. Patrick Mbamou, secrétaire exécutif de l’ECDiDé France, parti de Martin Fayulu, et président fédéral de LAMUKA, s’est confié sur France 24 en exclusivité sur ces événements dramatiques.


Face à cette répression, Patrick Mbamou dénonce sans détour un climat


"de terreur"


instauré dans le pays.


"Nous vivons maintenant dans un pays qui subit la terreur. Félix Tshisekedi est venu dans la tricherie. Il a renversé la vapeur, comme on peut le dire."


Cette expression illustre une profonde désillusion à l’égard du président congolais. Selon lui, ce dernier aurait


"pris l'Assemblée nationale, si je pourrais dire le Parlement. Il a mis le Parlement dans sa poche et son projet était de balkaniser la RDC."


Le terme


« balkaniser »


fait référence à la division du pays, et Mbamou accuse clairement Félix Tshisekedi d’avoir "vendu la RDC comme il l'a vendue aux États-Unis, en monnayant sa sécurité moyennant sa sécurité".


Une accusation lourde impliquant une perte de souveraineté au profit d’intérêts étrangers. Face à ces faits, il conclut avec force.


"Aujourd'hui, Félix Tshisekedi a franchi la ligne rouge."  


Concernant la violence qui a endeuillé la manifestation, Patrick Mbamou n’hésite pas à pointer directement le chef de l’État comme responsable.


"Il est le premier responsable de ce massacre qui vient de se produire à Kinshasa."


Dans le détail, il évoque l’atteinte portée


"à l'intégrité physique du président Fayulu, un opposant qui a la probité morale, son intégrité physique a été touchée."


De même,


"l'intégrité physique du président D. Sesanga a été touchée",


tout comme celle


"de l'opposant politique Jean-Marc Kabund."


Interrogé sur l’état de santé des blessés, Mbamou précise qu’ils sont


"souffrants. Mais, Dieu merci, leur vie n'a pas été ôtée."


Toutefois, l’inquiétude demeure car


"pour l'instant, j'ai cherché à joindre le président Martin Fayulu, mais je n'arrive pas à l'avoir. Je ne sais pas là où il se trouve à ce moment. Et ça m'inquiète."


L’objet même de la contestation est lié au projet de réforme constitutionnelle porté par le pouvoir de Félix Tshisekedi. Officiellement présenté comme une réforme institutionnelle nécessaire, elle est perçue par l’opposition comme un moyen déguisé pour permettre au président de briguer un troisième mandat. Mbamou explique.


"Parce que M. Félix Tshisekedi est venu vendre la RDC. Le pays est divisé en deux maintenant. Le Grand Kivu ne fait plus partie de la RDC."


Cette situation alarmante appelle selon lui à une concertation nationale.


"Il serait souhaitable que tous les fils et filles du pays se mettent autour d'une table pour voir et faire le bilan de ce qui s'est passé, comment on peut aller devant."


Mais il déplore que Félix Tshisekedi refuse toute négociation.


"Félix ne veut rien savoir. Donc le pays est en train de partir, au-dessus de tout le monde, et surtout au-dessus de la communauté internationale, qui a ouvert ses yeux, mais qui ne dit rien."


Le bilan humain de ces affrontements reste difficile à établir précisément, mais l’opposition fait état de


"plus de 40 blessés Martin Fayulu. Le leader de la coalition Lamuka a été blessé et vu ensanglanté. Il évoque de son côté un bilan provisoire de deux morts dans son camp".


Delly Sesanga. Le président du parti Envol a été atteint à la jambe. Son équipe de communication évoque un tir par balle de la police. D'autres sources mentionnent un éclat de grenade lacrymogène.


Autres cadres. Jean-Marc Kabund a été blessé à la tête et Ados Ndombasi figure également parmi les victimes.


" Quant aux blessés du parti de Jean-Marc Kabund, leur nombre "n'est pas encore dénombré."


Patrick Mbamou lance enfin dans cet entretien un appel à la diaspora congolaise.


"Nous avons une marche le 27 juin, le samedi 27 juin à Paris."


Il invite les autres leaders de l’opposition à se mobiliser autour de cette initiative.


"Je demanderai au président Katumbi de l'Ensemble pour la République, au président Matata Ponyo du LGD.  Ils avaient formé le C64.  Les trois leaders sont en train de se battre. Et je leur demande de venir avec nous, ( qu'on batte le pavé dans Paris pour faire passer le message”.




Par Pamphil

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