GABEGIE DANS LES RÉGIES FINANCIÈRES
1. La Gabegie et le système des primes
Des primes indument perçues. Les audits des finances publiques ont révélé des milliers de cas d'agents fictifs, de cumul de rémunérations et de versement de primes à des agents décédés ou ne faisant plus partie des régies.
Un système budgétivore. La fameuse Prime de Performance Budgétaire (PPB) a longtemps pesé de manière disproportionnée sur le budget de l'État, représentant un défi considérable pour les caisses publiques. En réponse, le gouvernement a durci les règles avec le principe "pas de travail, pas de primes" et a conditionné ces intéressements à une performance réelle.
2. La Surfacturation et la corruption
Détournements et surfacturations. Des enquêtes judiciaires et des audits successifs ont mis au jour de vastes systèmes de malversations, non seulement dans la perception des recettes, mais aussi au sein d'autres ministères (comme des affaires de surfacturation de plusieurs centaines de millions de FCFA dans le secteur de l'éducation nationale).
Perpétuation des fraudes. Malgré les alertes, les pratiques de favoritisme et le contournement des procédures de passation de marchés publics ont souvent favorisé la surfacturation au détriment de l'État.
3. Les réformes en cours (2025-2026)
Pour assainir la situation et sécuriser le budget de l'État, les autorités de transition ont initié un vaste plan d'action.
Centralisation. L'État a décidé de passer au peigne fin toutes les régies financières et de centraliser l'ensemble des recettes publiques (y compris celles des agences et entreprises parapubliques) directement au Trésor public.
Digitalisation. Le gouvernement déploie des outils comme le SIGFiP (Système Intégré de Gestion des Finances Publiques) pour unifier, sécuriser et automatiser les processus fiscaux et comptables.
La gestion de ces institutions fait l'objet de suivis stricts pour endiguer les fuites de capitaux, sécuriser les recettes face au ralentissement de la production pétrolière, et garantir la transparence budgétaire.
Plus de 700 milliards de FCFA de réclamations frauduleuses
11 000 agents fictifs ou suspendus ont été radiés du fichier de la Prime de Performance Budgétaire (PPB) des régies financières gabonaises.
La Task Force sur la dette a annulé plus de 700 milliards de FCFA de réclamations frauduleuses et de surfacturations de marchés publics.
Le pays cherche à sécuriser 4 000 milliards de FCFA de recettes budgétaires annuelles via la digitalisation. Ces réformes visent à freiner une dette publique atteignant 7 100 milliards de FCFA (environ 49% du PIB), plombée par ces dérives historiques.