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NIAMEY : 11 SOLDATS, 2 CIVILS, 22 ASSAILLANTS TUÉS

NIAMEY : 11 SOLDATS, 2 CIVILS, 22 ASSAILLANTS TUÉS
Attaque terroriste mortelle à l'aéroport de Niamey au Niger

Jeudi 18 juin 2026 restera gravé dans les mémoires comme une journée sombre pour le Niger. Une attaque terroriste d'une rare violence a visé l'aéroport international Diori Hamani de Niamey, faisant un bilan macabre. Au moins 11 soldats, 2 civils et 22 assaillants tués. Un coup dur pour la capitale nigérienne, qui peine à contenir la menace djihadiste qui s'étend comme une traînée de poudre dans la région sahélienne.


Une attaque audacieuse au cœur de Niamey


Aux premières heures de la matinée, vers 6h, des explosions et des tirs ont retenti autour de l'aéroport, prenant la population et les forces de sécurité au dépourvu. Les assaillants sont arrivés jusqu'à l'entrée principale, côté civil, à bord de taxis, une tactique qui a surpris par son audace et sa simplicité. Munis de ceintures explosives, ils ont tenté une incursion dans l'aérogare, sans toutefois parvenir à atteindre l'intérieur.


Selon une source aéroportuaire, la résistance des forces de sécurité a été immédiate et efficace. Les assaillants, pris dans un véritable étau policier, se sont ensuite dispersés dans les quartiers voisins, avant que des opérations de ratissage intensives soient lancées.


Un bilan provisoire lourd et des opérations en cours


Le ministère nigérien de la Défense a annoncé un bilan macabre dans un communiqué solennel. « Le bilan provisoire de cette tentative d'incursion perfide s'établit comme suit : côté amis, 13 martyrs dont 11 éléments des forces de défense et de sécurité et 2 civils, 4 blessés. Côté ennemis, 22 assaillants neutralisés, une vingtaine de suspects interpellés. » Il ajoute qu’une « vaste opération » est actuellement en cours pour sécuriser la zone.


Malgré l’ampleur de l’attaque, l'aéroport international, « totalement sécurisé », demeure ouvert au trafic aérien, selon le ministère. Les autorités ont toutefois renforcé les contrôles et bouclé la zone, avec des points de contrôle renforcés dans la capitale.


Le JNIM revendique l'attentat


Dans un communiqué publié sur son canal de propagande Az-Zallaqa, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), branche sahélienne d'al-Qaïda, a revendiqué cette action, affirmant avoir mené « une attaque suicide sur l'aéroport international Diori Hamani et sur la base militaire » adjacente. Cette revendication confirme la diversification des menaces djihadistes qui pèsent désormais sur le Niger, où le groupe État islamique avait déjà frappé en janvier dernier.


Un aéroport déjà visé en janvier


Cette attaque n’est pas un événement isolé. Fin janvier 2026, l'aéroport de Niamey et la base militaire attenante avaient déjà été pris pour cible lors d’une offensive d’envergure revendiquée par l'État islamique. Cette précédente attaque, bien que repoussée, avait causé quatre blessés et des dégâts matériels importants.


Le général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire en place depuis le putsch de juillet 2023, avait alors reconnu une « faille dans le dispositif » de sécurité qui avait permis cette incursion. Il avait aussi dénoncé les « sponsors de ces mercenaires », désignant la France, le Bénin et la Côte d'Ivoire, avant de lancer un avertissement cinglant.


« Nous les avons suffisamment écoutés aboyer. Qu'ils s'apprêtent, eux aussi, à leur tour, à nous écouter rugir »


Sécurité renforcée malgré tout : feu aux poudres


Face à la menace grandissante, les autorités nigériennes avaient lancé une vaste opération de démolition des quartiers environnants l'aéroport dès le début juin, pour réduire le risque d’attaques futures. Plus de 350 caméras de surveillance ont été installées à l’intérieur et à l’extérieur des locaux, et les clôtures sécuritaires ont été rallongées.


Pourtant, ces mesures n’ont pas suffi à empêcher le JNIM de mettre le feu aux poudres une nouvelle fois. L’attaque d’aujourd’hui illustre les difficultés du pouvoir militaire à endiguer la progression des groupes djihadistes malgré un contexte sécuritaire extrêmement tendu.


Une ville en état d’alerte


À la mi-journée, la zone aéroportuaire ainsi que les quartiers périphériques de Niamey restaient bouclés. Les environs de la présidence et de la primature étaient également fortifiés, et des fouilles systématiques étaient menées dans toute la capitale. Le sentiment d’insécurité gagne la population qui voit la menace se rapprocher de son quotidien.


Djibril Nassamou, un riverain, témoigne.


« Les assaillants sont arrivés à bord d’un ou deux taxis. La réaction rapide des forces de sécurité a permis de repousser cette attaque. Depuis 9h, plus personne ne peut entrer ou sortir aux alentours de l'aéroport. »


Solidarité régionale et accusations contre la France


L’attaque a suscité une vague de réactions internationales. De nombreux partenaires du Niger, comme la Commission de l'Union africaine, la délégation de l’Union européenne au Niger, l’Algérie et le Bénin, ont exprimé leur soutien et condamné fermement cet acte terroriste.


Toutefois, le régime militaire nigérien n’a pas manqué de pointer une nouvelle fois du doigt la France, accusée de soutenir les groupes djihadistes par l’intermédiaire du régime du général Tiani. Ces accusations, récurrentes depuis le putsch d’août 2023, n’ont jamais été confirmées par Paris, qui dément fermement.


Le combat pour la souveraineté et la paix


Dans ce contexte de violence et d’incertitude, le combat pour la stabilité du Niger apparaît plus que jamais comme une guerre de résilience et de détermination nationale. Abdoul Aziz Garba Djibo, souligne.


« Ces événements rappellent que la guerre contre le terrorisme est aussi une guerre de résilience, d’unité et de détermination nationale. Plus que jamais, chaque citoyen est appelé à faire bloc derrière les forces de défense et de sécurité, à rejeter la psychose et à faire preuve de responsabilité dans le partage de l’information »


Perspectives sombres pour un pays en lutte


Le Niger, dirigé depuis presque trois ans par un régime militaire issu d’un coup d’État, tente tant bien que mal de contenir une menace djihadiste qui s'étend inexorablement. L’attaque de l’aéroport international Diori Hamani est un rappel brutal que la lutte contre ces groupes armés est loin d’être gagnée.


Ce nouvel épisode, émaillé de pertes humaines tragiques, semble aggraver la panique et le sentiment d’insécurité dans la population. Les assaillants, dont certains ont réussi à prendre la clé des champs dans les quartiers alentours, continuent de défier l’autorité de l’État.


Une série d’agressions


L'attaque du 18 juin à Niamey est un épisode de plus dans une série d’agressions qui fragilisent la stabilité du Niger. Le bilan macabre infligé aux forces de défense et à la population civile souligne la gravité de la situation sécuritaire.


Dans ce contexte explosif, le défi est immense pour le régime militaire qui doit conjuguer la sécurité, la souveraineté et la confiance de ses citoyens. Le temps presse pour que l’étau se resserre enfin autour des groupes terroristes qui menacent la paix dans cette région stratégique du Sahel.


 


 


 

Par Pamphil

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