INTÉGRITÉ ET LUTTE ANTICORRUPTION
« Intensifier la promotion de l’intégrité et la lutte contre la corruption sur le continent »
cette édition 2026 a été marquée par un appel à transformer les engagements en actions concrètes. À cette occasion, le président de la Haute autorité de lutte contre la corruption (Halc), Emmanuel Ollita Ondongo, a exhorté les pouvoirs publics, les institutions et les citoyens à renforcer leur mobilisation face à un phénomène qui continue de fragiliser les États africains.
Une corruption qui affecte le quotidien
Dans sa déclaration, Emmanuel Ollita Ondongo a rappelé que la corruption ne se limite pas aux grandes affaires médiatisées. Selon lui, elle s'exprime également dans les gestes du quotidien et touche directement les populations les plus vulnérables.
« La corruption n’est pas une abstraction lointaine réservée au grand dossier que l’on évoque dans les médias. Elle se vit au quotidien, dans le bureau où l’on vous exige les pots de vin pour accélérer la procédure sur l’avancement d’un dossier. Dans les marchés publics attribués dans l’opacité, dans la salle de classe où une note s’achète, dans le service de santé où l’accès aux soins dépend de ce que l’on peut payer en plus »
a-t-il déclaré.
Le président de la Halc estime que ces pratiques portent gravement atteinte au développement du pays en privant les secteurs essentiels de ressources indispensables.
« Chaque acte de corruption, aussi petit paraît-il, affaiblit notre État, détourne des ressources qui devraient servir pour construire des écoles, des hôpitaux, des routes, et creuse davantage les inégalités entre nos concitoyens »
a-t-il ajouté.
Miser sur la transparence et la modernisation
Face à cette réalité, Emmanuel Ollita Ondongo a salué la volonté affichée par les plus hautes autorités de renforcer la lutte contre la corruption. Parmi les priorités évoquées figure la digitalisation des services publics, présentée comme un moyen efficace de limiter les contacts directs entre les usagers et les agents administratifs, souvent propices aux pratiques illicites.
Le responsable de la Halc a également insisté sur la nécessité d'améliorer la transparence dans la gestion des marchés publics et des finances de l'État. Pour lui, une plus grande redevabilité des gestionnaires des deniers publics constitue un levier essentiel pour restaurer la confiance des citoyens.
Autre priorité : la protection des lanceurs d'alerte.
« Car ceux qui ont le courage de dénoncer les pratiques répréhensibles doivent être protégés et non sanctionnés »
a-t-il indiqué.
Il a, en outre, plaidé pour un renforcement de l'éducation à l'intégrité dès le plus jeune âge afin d'inculquer aux futures générations les valeurs de probité et de responsabilité.
Une mobilisation nationale souhaitée
Au-delà des réformes institutionnelles, Emmanuel Ollita Ondongo estime que la lutte contre la corruption ne peut réussir sans une implication active de l'ensemble de la population.
« Aucune loi, aucune institution, aussi solide soit-elle, ne pourra à elle seule venir à bout de la corruption sans l’adhésion et l’engagement de chaque citoyen. Je vous invite donc à votre niveau, là où vous êtes, à refuser de payer ou de proposer un pot de vin même lorsque cela semble être la solution la plus rapide, à dénoncer les pratiques de corruption dont vous êtes témoins à travers le 1023, à exiger la transparence dans la gestion des affaires publiques de votre commune, de votre quartier, de votre établissement scolaire »
a-t-il exhorté.
Le président de la Halc a appelé à faire de l'intégrité une exigence collective et de la lutte contre la corruption une véritable cause nationale.
Des actions prévues sur le terrain
Dans le prolongement de cette campagne, la Haute autorité de lutte contre la corruption, avec l'appui du Fonds monétaire international (FMI), prévoit de relancer dans les prochains jours l'opération de déclaration des conflits d'intérêts, un mécanisme destiné à renforcer la transparence dans la gestion publique.
Par ailleurs, un programme d'activités est annoncé du 21 au 24 juillet à Ouesso, dans le département de la Sangha. Il comprendra notamment une conférence consacrée à la lutte contre la corruption ainsi que la mise en place de clubs d'intégrité. Ces initiatives, appelées à être progressivement déployées dans les autres départements du pays, visent à ancrer durablement la culture de l'intégrité au sein de la société congolaise.