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FRONDE ANTI-THIAM

FRONDE ANTI-THIAM
Tensions au PDCI : des cadres réclament la démission de Tidjane Thiam.

Le climat se tend davantage au sein du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI-RDA). Réunis le samedi 11 juillet 2026 à Yamoussoukro à l'occasion du lancement du


« Réseau d'entraide PDCI »


plusieurs responsables et militants ont exprimé leur profond malaise face à la gouvernance actuelle du parti. Au cœur des critiques figure l'absence prolongée de son président, Tidjane Thiam, installé à l'étranger depuis plusieurs mois.


Pour les contestataires, cette situation crée un déficit de leadership à un moment où la formation politique est appelée à préparer d'importantes échéances électorales. Ils demandent désormais la convocation rapide d'un Bureau politique, suivi d'un congrès extraordinaire destiné à renouveler la direction du parti.


Une direction accusée de laisser le parti sans cap


Les intervenants réunis à Yamoussoukro estiment que le fonctionnement du PDCI-RDA souffre d'un manque de pilotage depuis le départ de Tidjane Thiam. Selon Balou Kouakou Marchal, président du Réseau d'entraide PDCI, l'absence du chef du parti empêche les principales instances de jouer pleinement leur rôle.


À ses yeux, cette vacance de fait ralentit les prises de décision et compromet la préparation de l'avenir politique du parti. Il a également établi un parallèle entre cette situation et les résultats électoraux enregistrés depuis la disparition de l'ancien président Henri Konan Bédié en août 2023.


Le responsable a déploré une perte progressive de l'influence électorale du PDCI-RDA, affirmant que plusieurs bastions historiques du parti connaissent aujourd'hui un recul significatif. Pour lui, seule la tenue d'un Bureau politique suivie d'un congrès extraordinaire permettra de restaurer un fonctionnement normal des institutions internes.


Des inquiétudes à l'approche des échéances électorales


Au-delà de la question de la présence physique de Tidjane Thiam, plusieurs cadres dénoncent ce qu'ils considèrent comme une mauvaise hiérarchisation des priorités.


Membre du Bureau politique, Lancina Sanogo s'est montré particulièrement critique envers la direction actuelle. Il estime que le parti consacre trop d'énergie aux célébrations de son 80ᵉ anniversaire alors que les organes décisionnels ne se réunissent plus avec la régularité nécessaire.


Selon lui, le PDCI-RDA devrait concentrer ses efforts sur son organisation interne, la mobilisation des militants et la préparation des prochaines consultations électorales plutôt que sur des manifestations commémoratives.


Sur place, plusieurs militants ont partagé cette inquiétude. Christian Gnahoua a notamment appelé les dirigeants à engager rapidement des réformes afin d'éviter un affaiblissement durable de la formation politique, estimant qu'un changement de gouvernance devient indispensable pour préserver l'avenir du parti.


Les proches de Tidjane Thiam minimisent la contestation


Face à cette montée de la contestation, les soutiens de Tidjane Thiam défendent une tout autre lecture de la situation. Ils affirment que le président continue d'assurer pleinement ses responsabilités malgré son séjour hors de Côte d'Ivoire, grâce aux outils de communication et aux échanges permanents avec les responsables du parti.


Pour eux, les critiques émanent d'une minorité de cadres qui ne représenteraient pas l'ensemble des militants. À ce stade, la direction nationale du PDCI-RDA n'a toutefois pas réagi officiellement aux appels lancés depuis Yamoussoukro.


Une contestation ancienne qui ne cesse de grandir


Les tensions actuelles s'inscrivent dans une crise plus profonde qui secoue le plus ancien parti politique ivoirien depuis l'arrivée de Tidjane Thiam à sa tête en décembre 2023.


Son accession à la présidence avait déjà suscité des réserves au sein d'une partie des cadres, certains contestant notamment son éligibilité au regard des statuts du parti. En mai 2025, il avait même présenté sa démission avant d'être réélu seulement deux jours plus tard lors d'un congrès extraordinaire convoqué en urgence.


Depuis, les divisions internes n'ont jamais véritablement disparu.


Une bataille désormais portée devant les tribunaux


La crise politique s'est progressivement déplacée sur le terrain judiciaire. En mars 2026, Charles Abié, membre du Bureau politique, a engagé une procédure visant à obtenir la destitution de Tidjane Thiam.


S'appuyant sur les dispositions de l'article 40 des statuts du PDCI-RDA, il estime que le président se trouve dans l'impossibilité matérielle d'exercer normalement ses fonctions en raison de son installation prolongée en France. Selon cette argumentation, cette situation empêcherait notamment la convocation et la présidence régulière des réunions statutaires.


Cette action n'est pas isolée. À ce jour, cinq procédures judiciaires poursuivant le même objectif ont été déposées devant les juridictions compétentes, tandis que d'autres recours pourraient encore être introduits.


L'émergence de nouveaux courants internes


Parallèlement aux actions en justice, la contestation prend également une dimension politique. Figure de l'opposition interne, Valérie Yapo a lancé en mars dernier le mouvement


« Héritiers pour la Démocratie et la Légalité » (HDL PDCI-RDA).


À travers cette nouvelle plateforme, l'ancienne déléguée départementale d'Akoupé entend promouvoir un retour au respect des textes du parti, une gouvernance plus démocratique et une plus grande implication des instances dirigeantes dans les décisions stratégiques.


Cette initiative illustre les fractures qui traversent désormais le PDCI-RDA. Alors que les appels à une réorganisation se multiplient, le parti se retrouve confronté à l'un des épisodes les plus délicats de son histoire récente. Les prochaines semaines pourraient être déterminantes pour l'avenir de cette formation politique, qui cherche à préserver son unité tout en préparant les échéances électorales à venir.

Par Pamphil

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