AGRICULTURE CAMEROUNAISE : 70 000 TONNES
Cette ambition s'est concrétisée le 8 juillet dernier à Garoua, où le ministre de l'Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, a procédé à la remise de 83 tonnes de semences de base améliorées aux organisations de producteurs de ces trois régions. Produites par l'Institut de recherche agricole pour le développement (Irad), ces semences constituent le point de départ d'un vaste programme destiné à améliorer durablement les rendements agricoles.
Une multiplication sur 7 500 hectares
Selon le ministère de l'Agriculture, les semences distribuées seront multipliées sur une superficie totale de 7 500 hectares. Cette opération devrait permettre de produire les 70 000 tonnes de semences certifiées qui seront ensuite mises à la disposition des agriculteurs.
Le gouvernement n'a toutefois pas détaillé la répartition des superficies ni des volumes par culture. Ces informations permettraient pourtant de mesurer les rendements attendus pour chaque spéculation ainsi que la capacité du programme à couvrir les besoins des producteurs des trois régions concernées.
Les semences distribuées ont été produites dans le cadre du Plan intégré d'import-substitution agropastoral et halieutique (PIISAH), un programme visant à accroître la production nationale afin de réduire la dépendance du Cameroun aux importations de produits alimentaires.
Miser sur les principales cultures du septentrion
Dans le nord du pays, les efforts sont principalement orientés vers des cultures stratégiques telles que le riz, le maïs et le soja. Ces filières occupent une place essentielle dans l'économie agricole des régions de l'Adamaoua, du Nord et de l'Extrême-Nord.
Malgré leur fort potentiel, ces bassins de production restent confrontés à de nombreuses contraintes, notamment l'accès limité aux semences de qualité, l'insuffisance des équipements agricoles, le coût des intrants et les effets grandissants des changements climatiques.
Un levier contre l'insécurité alimentaire
La distribution de ces semences intervient quelques semaines après le lancement officiel de la campagne agricole, le 18 juin 2026. Dans cette partie du Cameroun, où l'agriculture constitue le principal moyen de subsistance de millions de personnes, les enjeux sont considérables.
Les trois régions septentrionales demeurent parmi les plus exposées à l'insécurité alimentaire en raison de la pauvreté, des déplacements de populations liés aux crises sécuritaires, des perturbations des circuits commerciaux et des aléas climatiques, notamment les sécheresses, les inondations et l'irrégularité des pluies.
À travers ce programme, le gouvernement espère améliorer durablement la productivité des exploitations agricoles, garantir un meilleur accès des producteurs à des semences certifiées et renforcer la sécurité alimentaire. Le succès de cette initiative dépendra toutefois de la capacité des acteurs à produire les volumes annoncés, à les certifier dans les délais et à les rendre accessibles aux agriculteurs dans des conditions adaptées à leurs besoins.