FACTURE SALÉE
Cette décision intervient dans un contexte budgétaire particulièrement contraint. Le budget de l’État a été revu à la baisse, passant de 6 358,9 milliards de FCFA à 5 495,2 milliards de FCFA, soit une diminution de près de 863 milliards. Face à cette contraction des ressources, les autorités misent sur une mobilisation accrue des recettes fiscales afin de préserver les équilibres budgétaires.
Une fiscalité renforcée sur les alcools et le tabac
Le nouveau dispositif repose sur un système de double taxation. Il combine un taux ad valorem, calculé en pourcentage de la valeur du produit, et une taxe spécifique fixe appliquée à chaque unité commercialisée. Cette formule permet à l’État de garantir un niveau minimal de recettes, indépendamment des fluctuations des prix.
Les bières locales et boissons maltées seront désormais soumises à un droit d’accise de 22 %, auquel s’ajoutera une taxe de 60 FCFA par litre. Les vins importés supporteront une taxation de 32 % assortie d'un prélèvement de 1 750 FCFA par litre. Les champagnes seront également taxés à 32 %, mais avec une taxe spécifique de 2 250 FCFA par litre.
Le tabac n’est pas épargné. Les cigarettes, cigares, cigarillos, produits de chicha et cigarettes électroniques verront leur droit d’accise porté à 35 %, tandis que la taxe spécifique passera de 300 à 450 FCFA par paquet.
Entre impératifs budgétaires et santé publique
Au-delà de l’objectif de renflouer les caisses de l’État dans un contexte marqué par la baisse des recettes pétrolières, cette réforme vise aussi à décourager la consommation de produits jugés nocifs. Elle s’inscrit dans la continuité des actions engagées par les pouvoirs publics, notamment la lutte contre les alcools fortement dosés commercialisés en sachets.
Pour les consommateurs, la conséquence sera directe : les importateurs et distributeurs devraient répercuter ces nouvelles charges sur les prix de vente. Les vins, champagnes et produits du tabac seront les plus touchés, tandis que les bières produites localement restent relativement préservées. Un choix qui traduit la volonté des autorités de soutenir l’industrie nationale tout en renforçant la pression fiscale sur les importations et les produits présentant des risques pour la santé.