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VICTIMES CONTRE SALL

VICTIMES CONTRE SALL
Victimes sénégalaises rejettent la candidature de Macky Sall à l'ONU.

La perspective d'une candidature de l'ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies suscite une vive opposition au Sénégal. Réunies face à la presse, jeudi 16 juillet 2026, plusieurs associations représentant les victimes des violences politiques survenues entre 2021 et 2024 ont exprimé leur rejet catégorique de cette éventualité et appelé le président Bassirou Diomaye Faye à ne lui apporter aucun soutien.


Dans une déclaration commune, le Collectif des victimes de Macky Sall, le Collectif des familles des martyrs et l'Initiative Zéro Impunité dénoncent avant tout les lenteurs observées dans les enquêtes judiciaires promises par les nouvelles autorités. Pour leurs responsables, Boubacar Seye, Djibril Diaw et Papa Abdoulaye Touré, les victimes attendent toujours que les responsabilités soient établies.


« Depuis 2021, les victimes sénégalaises attendent que justice soit faite »


rappellent-ils, estimant que les procédures judiciaires tardent à produire des résultats concrets.


Les organisations disent également leur inquiétude après l'annonce d'une audience entre le président Bassirou Diomaye Faye et son prédécesseur, Macky Sall, autour de la candidature de ce dernier à la tête de l'ONU.


Pour elles, l'ancien chef de l'État


« n'est pas un bon candidat »


pour diriger une institution dont la mission est de promouvoir la paix, les droits humains, la sécurité internationale et le développement.


Un lourd réquisitoire contre l'ancien régime


Les associations dressent un bilan particulièrement sévère des trois dernières années du pouvoir de Macky Sall. Elles évoquent une période marquée par une répression des manifestations, visant opposants, militants, activistes et journalistes.


S'appuyant notamment sur les rapports d'organisations de défense des droits humains, elles font état de plus de 65 morts, de plus de 3 000 blessés et de plus de 1 600 arrestations au cours des événements ayant secoué le Sénégal entre 2021 et 2024.


Leur déclaration revient également sur les coupures d'internet et de téléphonie mobile, la fermeture de plusieurs médias ainsi que le report de l'élection présidentielle décidé en février 2024, une décision qui avait provoqué une grave crise politique et donné lieu à de nouvelles manifestations.


Les associations regrettent qu'


« aucune enquête ou poursuite n'a eu lieu pour les nombreuses et graves violations des droits humains »


commises durant cette période.


Elles dénoncent par ailleurs la loi d'amnistie adoptée le 6 mars 2024, qu'elles considèrent comme un obstacle à l'identification et à la poursuite des auteurs présumés des violences.


Des critiques également sur la gouvernance économique


Au-delà des questions liées aux droits humains, les organisations pointent également plusieurs dossiers économiques et financiers ayant marqué la fin du régime de Macky Sall.


Elles citent notamment les révélations de la BBC sur les contrats pétroliers et gaziers, la gestion du Fonds de riposte contre les effets de la Covid-19 ainsi que les audits réalisés après l'alternance de 2024, lesquels auraient mis en évidence une importante sous-évaluation de la dette publique.


Pour les signataires


« un tel bilan disqualifie Macky Sall pour promouvoir la paix, la démocratie, les droits humains et la bonne gouvernance économique et financière ».


Les associations vont jusqu'à demander à la France de ne pas soutenir une éventuelle candidature de l'ancien président sénégalais, estimant qu'une telle désignation


« jetterait immanquablement le discrédit sur l'ONU ».


Guy Marius Sagna dénonce la rencontre entre Diomaye Faye et Macky Sall


En parallèle de cette prise de position des associations, le député Guy Marius Sagna a vivement réagi à l'annonce de la réception de Macky Sall par le président Bassirou Diomaye Faye, prévue ce vendredi 17 juillet 2026 à Dakar.


Dans une publication relayée sur les réseaux sociaux, le parlementaire estime que cette rencontre est incompatible avec les engagements pris par le chef de l'État lors de son investiture, le 2 avril 2024.


Pour appuyer son argumentation, Guy Marius Sagna rappelle les paroles prononcées par Bassirou Diomaye Faye lors de sa prestation de serment


« Il me revient le douloureux souvenir des martyrs de la démocratie sénégalaise, des amputés, des blessés et des anciens prisonniers. Je garderai toujours à l'esprit les lourds sacrifices consentis afin de ne jamais vous décevoir. »


Le député considère que recevoir l'ancien président constitue une rupture avec cette promesse faite aux victimes des violences politiques.


«Monsieur le Président Diomaye Faye, en recevant ce vendredi 17 juillet 2026 Macky Sall qui a transformé des Sénégalais en martyrs auxquels vous faisiez allusion, en amputés, blessés et détenus politiques dont vous parliez le 2 avril 2024, vous faites plus que décevoir, vous assassinez une troisième fois leur mémoire»


a-t-il écrit.


Un message adressé au chef de l'État


Guy Marius Sagna conclut sa déclaration par une adresse directe au président de la République, en invoquant une devise de l'armée sénégalaise pour illustrer son propos.


«Monsieur le Président, le peuple sénégalais comme tous les autres peuples est comme l'armée du Sénégal. On nous tue, on ne nous déshonore pas.»


Cette sortie du député intervient dans un contexte où les attentes des victimes des violences politiques demeurent fortes concernant l'établissement des responsabilités, tandis que la perspective d'une candidature internationale de Macky Sall continue d'alimenter le débat politique et judiciaire au Sénégal.


 


 

Par Pamphil

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