SURVIE ACADÉMIQUE
Créée pour former les élites congolaises et africaines, l'Université Marien-Ngouabi demeure un pilier du système d'enseignement supérieur national. Mais ses ambitions se heurtent à une réalité budgétaire préoccupante. L'écrasante majorité des ressources est absorbée par la masse salariale, laissant une marge extrêmement réduite pour assurer le fonctionnement quotidien des établissements, la recherche, les équipements ou encore l'amélioration des conditions d'enseignement.
Un budget en progression
À l'issue des travaux, le Comité de direction a adopté le budget de l'exercice 2027, arrêté en recettes et en dépenses à plus de 74 milliards de francs CFA, en hausse par rapport à l'exercice précédent.
« Le projet de budget de fonctionnement de l'Université Marien-Ngouabi, exercice 2027, est évalué en recettes et en dépenses à la somme de 74 milliards 495 858 385 francs CFA contre 67 milliards 566 729 292 francs CFA en 2026, soit une augmentation de 10,26 % »
a déclaré le premier intervenant.
Si cette progression est saluée, elle ne masque pas les difficultés structurelles auxquelles l'institution reste confrontée. En effet, 99 % de cette enveloppe sont consacrés au paiement des salaires, tandis que seulement 1 % est affecté au fonctionnement de l'université. Une situation qui limite fortement les capacités d'investissement, de maintenance des infrastructures, d'acquisition d'équipements pédagogiques et de financement de la recherche scientifique.
Une réforme budgétaire souhaitée
Les 36 membres statutaires représentant les onze établissements de l'Université Marien-Ngouabi, ainsi que les partenaires sociaux et plusieurs institutions contribuant aux recettes de l'université, notamment le Centre hospitalier universitaire (CHU) et la mairie centrale de Brazzaville, ont également adopté les rapports d'activités de l'exercice 2025.
Au cours des débats, plusieurs participants ont plaidé pour une présentation plus lisible du budget, afin de mieux mesurer les moyens réellement disponibles pour le fonctionnement de l'université.
« C'est chaque année que nous votons le budget de l'Université Marien-Ngouabi. Les commissaires ont décidé de faire une proposition que désormais, dans le budget de fonctionnement, on retire de là les salaires pour qu'on sache réellement combien on dispose à l'Université Marien-Ngouabi pour que l'université fonctionne comme d'autres universités. Nous avons bien travaillé. Le pays traverse des difficultés énormes et je pense qu'à chaque fois que nous donnons nos doléances aux pouvoirs publics, ceux-ci prêtent toujours attention »
a expliqué un autre responsable de cette institution
Cette proposition vise à distinguer clairement les dépenses incompressibles liées au personnel des crédits réellement mobilisables pour les activités académiques, administratives et scientifiques.
Un appel à la discipline intellectuelle
Prenant acte des décisions adoptées, le président du Comité de direction a invité l'ensemble de la communauté universitaire à faire preuve de responsabilité et d'exemplarité. Avant son intervention, il a rendu hommage à deux universitaires disparus, le Pr Yolande Berton-Ofouémé et le Pr Macaire Batchi, tous deux membres des comités de direction de leurs institutions respectives.
« Mes premières pensées vont à l'endroit de nos collègues le Pr Yolande Berton-Ofouémé et le Pr Macaire Batchi, tous deux membres des comités de direction de nos deux institutions. La discipline intellectuelle, c'est la capacité à diriger, à canaliser ses désirs et ses impulsions, à examiner ses croyances et ses attitudes et à envisager le cours de son action personnelle par l'application du processus réflexif. C'est, en quelque sorte, toujours prendre de la hauteur sur les contingences et agir de manière juste et droite pour qu'au seul nom d'universitaire, le monde soit convaincu que celui qui le porte est l'un de ceux de qui la société peut espérer recevoir tous les bons offices de l'administration, par l'application juste et droite des lois et règlements de la République »
a indiqué le dernier intervenant
À l'issue de la session, le président du CODI a également invité le président de l'Université Marien-Ngouabi, le professeur Parisse Akouango, à poursuivre les démarches nécessaires afin de renforcer le rayonnement de cette institution emblématique. Au-delà de l'augmentation du budget, les responsables universitaires estiment que l'avenir de l'université dépendra aussi d'une meilleure répartition des ressources, condition indispensable pour améliorer la qualité de l'enseignement, soutenir la recherche et répondre aux défis de la formation des générations futures.