RÉFORME DE LA FONCTION PUBLIQUE, LE FDS MONTE AU CRÉNEAU
Le Front Démocratique Socialiste (FDS) s’impose désormais dans le débat sur la réforme de la fonction publique. Dans un communiqué publié le 24 juillet, le parti présidé par Anges Kevin Nzigou demande officiellement au Gouvernement de suspendre toute décision définitive concernant la suppression de l’avancement automatique des fonctionnaires.
Le FDS veut une véritable concertation nationale organisée avec les syndicats et les représentants des agents publics. Par cette déclaration, le FDS entend replacer le dialogue social au cœur d’une réforme qui concerne plusieurs dizaines de milliers de fonctionnaires gabonais.
Le FDS refuse une réforme décidée sans véritable concertation
Dans son communiqué, le Front Démocratique Socialiste indique avoir pris connaissance des orientations issues des travaux consacrés à la réforme de la fonction publique, notamment de l’hypothèse de suppression de l’avancement automatique des fonctionnaires.
Sans remettre en cause la nécessité de moderniser l’administration, le parti estime qu’une réforme d’une telle ampleur ne peut être élaborée sans l’implication des organisations syndicales et des partenaires sociaux.
Pour le FDS, une décision aussi structurante engage l’avenir de milliers de familles et mérite donc un débat national approfondi afin de garantir sa légitimité et son acceptabilité.
Le rappel de dix années de carrières gelées
Le communiqué insiste ensuite sur un élément que le parti considère comme essentiel : la situation vécue par les fonctionnaires gabonais au cours de la dernière décennie.
Le FDS rappelle que de nombreux agents publics ont connu près de dix années de gel de carrière, avec des retards de reclassement, d’avancement et de régularisation administrative.
Dans ce contexte, le parti juge qu’il serait difficilement compréhensible de supprimer un mécanisme d’évolution des carrières avant même d’avoir pleinement réparé les conséquences de cette longue période de blocage.
Selon lui, cette réforme pourrait être perçue comme une nouvelle source de frustration pour des fonctionnaires qui attendent encore la reconnaissance de leurs droits.
Une réforme qui doit garantir le mérite sans ouvrir la porte à l’arbitraire
Le Front Démocratique Socialiste attire également l’attention sur les conséquences qu’une suppression de l’avancement automatique pourrait produire si elle n’était pas accompagnée de garanties solides.
Le parti estime que si les promotions devaient désormais dépendre exclusivement d’évaluations individuelles, celles-ci devraient obligatoirement reposer sur des critères objectifs, transparents, mesurables et identiques pour tous.
À défaut, le FDS craint que le système ne favorise les traitements inéquitables, les décisions discrétionnaires ou encore le clientélisme, au détriment du principe de mérite que la réforme entend pourtant promouvoir.
Le FDS reconnaît les contraintes de l’État mais appelle à un équilibre
Le communiqué ne se limite pas à une critique de la réforme. Le parti reconnaît que le Gouvernement doit faire face à des défis économiques importants et que la maîtrise de la masse salariale constitue un impératif budgétaire.
Toutefois, il estime qu’une réforme de la fonction publique ne peut être guidée uniquement par des considérations financières. Elle doit également préserver l’équité, la stabilité des carrières, la transparence administrative et la protection des droits des agents publics.
Pour cette raison, le FDS demande officiellement la suspension de toute décision définitive jusqu’à l’ouverture d’une concertation inclusive avec les syndicats et les représentants des fonctionnaires.