SOMMET AFRICAIN
Au cœur des débats, le Conseil exécutif fera le point sur l’état d’avancement du thème de l’UA pour l’année.
« Garantir un accès durable à l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour la réalisation de l'Agenda 2063 ».
Plusieurs rapports majeurs seront également examinés, notamment ceux de la 52e session ordinaire du Comité des représentants permanents (CRP) et du séminaire de l’UA sur les engagements du G20 pour 2026.
Discours d’ouverture, un contexte mondial d’incertitudes
Lors de son allocution d’ouverture, S.E. Mahamoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l’Union africaine (CUA), a accueilli chaleureusement les ministres des Affaires étrangères, les chefs des organes et missions de l’UA, ainsi que les représentants des agences des Nations Unies, des partenaires internationaux, des dignitaires et autres invités présents.
Le président Youssouf a souligné que le Conseil exécutif se réunissait dans un contexte mondial marqué par une incertitude accrue, avec des évolutions géopolitiques complexes ayant des répercussions significatives sur les économies africaines.
« Nous devons rester unis et résilients face à ces défis qui menacent la stabilité et le développement de notre continent »
a-t-il insisté.
Priorités sécuritaires : la lutte contre le terrorisme au Sahel
En matière de paix et de sécurité régionales, le Président de la CUA a exprimé sa vive préoccupation face à la persistance et à la propagation du terrorisme et de l’extrémisme violent dans certaines régions du continent, notamment dans le Sahel. Il a rappelé ses récentes visites de solidarité dans cette zone, réaffirmant l’engagement ferme de l’Union africaine à soutenir les États membres confrontés à ces défis sécuritaires communs.
« La stabilité de l’Afrique dépend de notre capacité collective à répondre efficacement à ces menaces »
a insisté S.E. Youssouf, appelant à renforcer la coopération régionale et internationale pour éradiquer ces fléaux.
Gouvernance institutionnelle et financière : des avancées à consolider
Concernant les questions institutionnelles et financières, le président Youssouf a salué le travail du Comité des représentants permanents, qualifié d’
« engagement constant essentiel à la bonne marche de la Commission »
Il a aussi exprimé sa gratitude envers les partenaires internationaux pour leur soutien continu à la mise en œuvre des programmes phares de l’UA.
Plus loin, il a réaffirmé la nécessité pour tous les États membres d’accélérer la ratification des instruments juridiques de l’Union encore en suspens afin de renforcer l’architecture institutionnelle et juridique de l’organisation. Le président a également sollicité le soutien aux candidats africains aux postes au sein des organisations internationales, conformément aux décisions soumises au Conseil exécutif.
Une Afrique acteur clé de la gouvernance mondiale
En sa qualité de président du Conseil exécutif, S.E. l’Ambassadeur Édouard Bizimana, Ministre des Affaires étrangères de la République du Burundi, a rappelé que malgré les nombreux défis, l’Afrique demeure un acteur incontournable sur la scène internationale.
Il a notamment souligné.
« Notre adhésion au G20 constitue une étape historique et reconnaît le rôle essentiel que joue désormais notre continent dans la gouvernance économique mondiale »
Selon lui
« une gouvernance mondiale sans l’Afrique est incomplète et, par conséquent, inefficace. L’Afrique doit désormais être un partenaire dans la recherche de solutions. Le continent doit s’affranchir de son rôle de simple consommateur de règles pour assumer avec fierté et détermination celui d’élaborateur de normes »
Le ministre Bizimana a ainsi appelé les États membres à défendre d’une seule voix le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte, piliers de la position africaine commune sur la réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies.
« Les progrès accomplis sur la scène internationale renforcent notre responsabilité collective. Parler d’une seule voix et défendre sans relâche nos intérêts communs »
a-t-il conclu.
L’UA, une institution stratégique pour l’Afrique
S.E. Gedion Timothewos, ministre des Affaires étrangères de la République fédérale démocratique d’Éthiopie, a également pris la parole pour souhaiter la bienvenue aux ministres et délégués.
Il a insisté sur la nécessité que l’Union africaine devienne un acteur stratégique capable de proposer des solutions africaines aux défis mondiaux.
« Notre Union doit être l’institution par laquelle l’Afrique exprime ses priorités et défend ses intérêts. Elle doit s’imposer comme une voix crédible et authentique de l’Afrique »
a-t-il déclaré.
Le ministre Timothewos a souligné l’interdépendance des priorités de l’UA, notamment la nécessité d’une appropriation politique des processus de réforme, la viabilité financière et l’indépendance de l’Union, ainsi qu’une gestion responsable et stratégique des ressources africaines.
Financement du développement : une mobilisation accrue des ressources nationales
Sur le plan économique, S.E. Claver Gatete, Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), a rappelé l’impératif pour le continent d’augmenter le financement de son propre développement via les ressources internes.
Il a informé le Conseil que la CEA continuait de promouvoir activement la mobilisation des ressources nationales comme base essentielle pour la transformation économique durable de l’Afrique.
« Nous devons accélérer la transformation structurelle, faire progresser l’industrialisation, accroître les capacités de production et approfondir l’intégration régionale »
a-t-il affirmé.
Un rendez-vous stratégique pour l’avenir de l’Afrique
La 49e session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine s’inscrit donc dans un contexte à la fois complexe et porteur d’opportunités. En abordant des questions cruciales telles que la sécurité, la gouvernance, la coopération internationale, et le développement économique, les membres de l’UA réaffirment leur engagement collectif à construire un avenir durable et prospère pour le continent.
Ce rendez-vous stratégique doit permettre de consolider les acquis et d’accélérer la mise en œuvre des objectifs de l’Agenda 2063, tout en renforçant la voix et l’influence de l’Afrique sur la scène internationale.