ACCORD FRONTALIER GABON-GUINÉE
La cérémonie s'est déroulée au siège de l'Union africaine (UA), en présence du ministre équato-guinéen des Affaires étrangères, Siméon Oyono Esono Angue, du président du Conseil constitutionnel du Gabon, Dieudonné Aba'a Owono, ainsi que du président de la Commission de l'UA, Mahmoud Ali Youssouf.
La décision de la CIJ désormais appliquée
Par cet accord, Libreville et Malabo s'engagent à respecter le verdict rendu en mai 2025 par la Cour internationale de Justice. Celle-ci avait reconnu la souveraineté de la Guinée équatoriale sur l'île de Mbanie, d'une superficie d'environ 30 hectares, ainsi que sur les îlots de Cocotiers et Conga.
« Cette affaire est réglée une fois pour toutes »
a déclaré Siméon Oyono Esono Angue, invitant les deux pays à
« aller de l'avant »
Son homologue gabonais, Dieudonné Aba'a Owono, a salué l'ouverture d'
« une nouvelle ère de coopération »
entre les deux États voisins.
Le président de la Commission de l'Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, s'est également félicité de la résolution pacifique d'un différend frontalier qui perdurait depuis trop longtemps.
Un litige hérité de l'époque coloniale
Les origines du différend remontent à 1900, lorsque la France et l'Espagne avaient signé le traité de Paris afin de délimiter leurs possessions coloniales dans la région.
Le Gabon soutenait toutefois qu'un accord plus récent, la Convention de Bata de 1974, lui conférait la souveraineté sur les trois îles. Saisie conjointement par les deux États, la CIJ devait déterminer lequel des deux textes faisait juridiquement foi.
La Cour a finalement estimé que la Convention de Bata ne constituait pas un titre légal valable. Elle a conclu que ces territoires appartenaient à l'Espagne avant d'être transférés à la Guinée équatoriale lors de son accession à l'indépendance en 1968.
Bien que pratiquement inhabitées, ces îles revêtent un enjeu stratégique majeur en raison de leur localisation dans une zone maritime réputée riche en pétrole et en gaz, ce qui explique l'importance de ce différend désormais clos.