MANIOC, LE PARI DU GABON POUR PASSER DE L’ARTISANAT À L’INDUSTRIE
La filière manioc au Gabon amorce une nouvelle étape de développement. Une mission d’experts sud-africains séjourne actuellement dans les provinces de l’Estuaire et du Haut-Ogooué afin d’accompagner les acteurs locaux dans l’amélioration des techniques de production et de transformation. Cette initiative vise à renforcer les capacités nationales dans une culture essentielle à la sécurité alimentaire du pays, mais dont le potentiel industriel reste encore largement inexploité.
De la formation à l’application sur le terrain
À Libreville, une trentaine d’agents du ministère de l’Agriculture ont bénéficié d’une formation consacrée aux méthodes modernes de transformation du manioc. La mission s’est ensuite tournée vers le monde académique, notamment l’Institut National Supérieur d’Agronomie et de Biotechnologies (INSAB), afin d’impliquer les futurs cadres agricoles dans cette dynamique de modernisation.
L’objectif est de créer une expertise locale capable d’assurer la continuité des avancées après le départ des spécialistes étrangers.
Valoriser les savoir-faire locaux
Dans le Haut-Ogooué, les experts ont poursuivi leur immersion auprès des producteurs et transformateurs de Léconi et Franceville. Des ateliers pratiques ont permis de partager de nouvelles approches destinées à améliorer les rendements, la qualité des produits et l’organisation des unités de transformation.
Les visites des structures AGRIVERT et Cultradis ont également permis d’analyser les méthodes existantes et d’identifier les points à améliorer. Les experts ont notamment observé la transformation traditionnelle du manioc en bâtons et autres produits dérivés, un savoir-faire ancré dans les cultures Fang, Obamba et Nzebi.
Vers une industrialisation durable du manioc
L’enjeu principal de cette coopération n’est pas de remplacer les pratiques locales, mais de les renforcer grâce à des outils techniques adaptés. Standardisation des produits, amélioration des normes sanitaires, valorisation des sous-produits et optimisation des chaînes de production figurent parmi les priorités.
À travers le projet IBSA, le Gabon bénéficie ainsi d’un accompagnement basé sur le partage d’expériences entre pays du Sud. Une démarche qui pourrait permettre au manioc de devenir un véritable levier de croissance pour l’agriculture nationale et de contribuer davantage à l’autosuffisance alimentaire.