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GABON, PRÈS DE 148 JEUNES FILLES VICTIMES D'ABUS SEXUELS RECENSÉES POUR L'ANNÉE 2023

GABON, PRÈS DE 148 JEUNES FILLES VICTIMES D'ABUS SEXUELS RECENSÉES POUR L'ANNÉE 2023
Selon le rapport annuel 2025 des Nations unies au Gabon, 148 jeunes filles ont été victimes d’abus sexuels en 2023, un chiffre alarmant qui révèle la persistance des violences faites aux mineurs et souligne l’urgence de renforcer les mécanismes de prévention, de signalement et de protection de l’enfance dans le pays.

 


Les violences sexuelles infligées aux jeunes filles sont diverses : Attouchements, rapports sexuels forcés, viols, harcèlement, exploitation sexuelle ou encore exposition involontaire à des contenus explicites . Ces actes constituent de graves atteintes à leur intégrité et à leur dignité. Au-delà des traumatismes physiques, les victimes peuvent subir de profondes séquelles psychologiques, parfois durables. Ces violences compromettent non seulement épanouissement personnel mais aussi leur scolarité et leur santé 


Derrière les 148 cas, combien de victimes invisibles ? 


Le chiffre de 148 abus sexuels sur des jeunes filles enregistrés en 2023 au Gabon, cité dans le rapport annuel 2025 des Nations unies, interpelle autant par son niveau que par ce qu’il pourrait laisser dans l’ombre. Car ces 148 cas ne représentent pas nécessairement l’ensemble des violences sexuelles subies par les mineures, mais uniquement celles qui ont été recensées dans les statistiques disponibles, lesquelles proviennent notamment des données du ministère de la Femme, de la Famille et de la Protection de l’Enfant.  Dès lors, une question centrale se pose : combien de victimes n’apparaissent pas dans les chiffres ? Entre les violences tues par peur, honte ou pression familiale, les cas qui ne donnent jamais lieu à une plainte et les difficultés d’accès aux services de protection dans les zones enclavées, le phénomène pourrait être largement sous-estimé. L’enjeu est donc de remonter la chaîne : qui recueille les signalements, combien donnent lieu à une plainte, combien sont transmis à la police et à la justice, et combien aboutissent réellement à des poursuites ou à des condamnations ? Les autorités disposent-elles, surtout dans les zones rurales, de mécanismes suffisamment efficaces pour faire émerger les violences cachées ? Cette interrogation est d’autant plus pertinente que l’ONU recommande précisément une meilleure cartographie et une standardisation des services de protection de l’enfance au Gabon. 


Derrière les 148 cas officiellement enregistrés, il faut donc chercher les victimes qui n’ont jamais franchi la porte d’un commissariat, d’un tribunal, d’un centre de santé ou d’une structure sociale. Le véritable sujet pourrait ainsi être moins le nombre de cas recensés que la capacité du système gabonais à détecter, signaler, documenter et prendre en charge les violences sexuelles commises contre les mineures.


La situation s’est elle améliorée entre 2023 et 2025?


Entre 2023, 2024 et 2025, une question mérite d’être posée : la situation des enfants victimes de violences au Gabon s’améliore-t-elle réellement ? Le chiffre de 148 abus sexuels enregistrés sur des jeunes filles en 2023 constitue un point de départ, mais il ne permet pas, à lui seul, de mesurer l’évolution du phénomène. Le véritable enjeu est donc de comparer, année après année, les données disponibles sur les abus sexuels, les violences en milieu scolaire, les mariages précoces, la traite des enfants, les plaintes enregistrées et les procédures judiciaires engagées. Or, le Bilan commun pays des Nations unies souligne déjà que plus de 70 % des violences à l’école ne font pas l’objet d’un signalement, ce qui montre les limites des statistiques disponibles.  Il faudra ainsi déterminer si une éventuelle baisse des chiffres traduit une véritable diminution des violences ou simplement une diminution des signalements. À l’inverse, une hausse pourrait-elle signifier une aggravation du phénomène ou une meilleure capacité des institutions à détecter et enregistrer les cas ? Le suivi sur trois années doit donc permettre de passer d’un simple constat à une véritable évaluation de l’efficacité des mécanismes de protection de l’enfance au Gabon.

Par NOEMI KIM

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