1700 MILLIARDS ÉVAPORÉS
Derrière ce montant vertigineux se dessine une réalité préoccupante. D’importantes irrégularités dans la gestion des ressources publiques, auxquelles s’ajoutent des détournements présumés à grande échelle. Un bilan qui met à nu les failles persistantes du dispositif de gestion des finances de l’État.
Des secteurs sensibles passés au crible
La juridiction financière n’a pas limité ses investigations à un seul domaine. Plusieurs secteurs jugés stratégiques ont été examinés, notamment la sécurité sociale, les évacuations sanitaires et le Fonds des Gabonais économiquement faibles.
La Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) a, pour sa part, fait l’objet de deux audits approfondis. Ces opérations de contrôle visent à identifier les dysfonctionnements et à accompagner la mise en œuvre de réformes destinées à améliorer la qualité des prestations sanitaires offertes aux populations.
Un travail qui pourrait, à terme, tordre le cou à certaines pratiques de gestion ayant fragilisé les services publics.
« L’équivalent du budget de certains pays »
Pour mesurer l’ampleur du phénomène, le Premier président de la Cour des comptes livre une comparaison particulièrement frappante. Les 1 700 milliards de FCFA concernés représentent, selon lui
« l’équivalent du budget de certains pays ».
Un montant qui met la puce à l’oreille sur l’ampleur des dérives constatées et qui pourrait créer de sérieux remous dans les milieux concernés. Face à ces manquements, Alex Euv Moutsiangou se montre intransigeant avec les responsables mis en cause.
Le message est sans ambiguïté.
« Les uns et les autres sont appelés à restituer les sommes qui ont été distraites ».
La Cour des comptes joue la carte de la transparence
Au-delà des sanctions financières, l’institution entend désormais renforcer la transparence autour de ses décisions. Elle prépare ainsi un recueil rassemblant ses arrêts et avis, avec les décisions rendues, l’identité des justiciables concernés et les montants réclamés.
Une démarche destinée à rendre l’action de la justice financière plus lisible pour les citoyens.
« La justice est rendue au nom du peuple gabonais. Ce peuple mérite de savoir exactement ce qu’il se passe »
affirme Alex Euv Moutsiangou.
Les deniers publics sous haute surveillance
À l’heure où le Gabon entre de plain-pied dans la Vᵉ République, la Cour des comptes entend renforcer son rôle de vigie. Pour son président, le contrôle financier doit contribuer directement à l’amélioration des conditions de vie des citoyens.
La ligne directrice est clairement affichée. Faire en sorte que
« l’argent des Gabonais ne serve qu’à l’intérêt des Gabonais »
Une exigence qui place désormais la bonne gouvernance et la redevabilité au cœur des priorités.