SABLE : L'ÉTUDE DISPARUE ?
Sur place, le contraste décrit par les habitants est apocalyptique. Autrefois claire et propre, la rivière servait à de nombreux besoins quotidiens. Désormais, expliquent-ils, l’eau serait trouble, le débit fortement réduit et le sable omniprésent. L’agriculture en pâtirait directement, tandis que le village dépend davantage d’une pompe hydraulique dont le fonctionnement serait irrégulier. Dans ce décor, une question domine. Comment une ressource vitale a-t-elle pu se dégrader ainsi ?
Une étude d’impact a-t-elle été réalisée ?
Le débat ne peut toutefois se limiter à une seule question. L’opérateur est-il responsable ? L’opérateur a-t-il eu tort ? Qui a été berné, le ministère de l’Environnement ou les autorités locales ?
Les habitants affirment qu’une consultation publique a précédé l’installation de la société, mais disent ne jamais avoir eu accès aux conclusions ou aux détails de l’étude d’impact environnemental.
Dès lors, les questions deviennent incontournables. Quelles autorisations ont été délivrées ? Quelle étude d’impact environnemental a été réalisée ? Quelles mesures de protection avaient été prévues ? Et les populations ont-elles eu accès aux conclusions ?
Plus troublant encore. Y a-t-il eu des dessous de table ou de la corruption ? Impossible de l’affirmer sans preuves. Mais l’interrogation mérite d’être examinée.
Les populations riveraines doivent-elles pouvoir consulter les études d’impact des projets susceptibles de modifier leur environnement ?
Il faut désormais donner la parole aux autorités compétentes et à l’opérateur concerné. Qui a autorisé ça ? Où sont les autorités ? Pourquoi l’étude n’est-elle pas accessible ? Que dit l’opérateur ?
Et surtout. Qui paiera les éventuels dommages causés aux populations si les responsabilités sont établies ? À Kougouleu, l’urgence n’est plus seulement de désigner un responsable. Elle est de faire toute la lumière.