GABON : LES EXPORTATIONS ÉMIRATIES DÉPASSENT EN SIX MOIS LE NIVEAU DE TOUTE L’ANNÉE 2025
Les échanges commerciaux entre le Gabon et les Émirats arabes unis accélèrent nettement. Au premier semestre 2026, les exportations non pétrolières émiraties vers le Gabon ont atteint 62,7 millions de dollars, soit environ 37,6 milliards FCFA, selon les données publiées le 5 septembre par l’agence officielle Emirates News Agency (WAM).
En seulement six mois, ce montant dépasse déjà les 61,1 millions de dollars, environ 36,7 milliards FCFA, enregistrés sur l’ensemble de l’année 2025. Les Émirats ont donc vendu au Gabon davantage de marchandises au premier semestre 2026 qu’au cours des douze mois précédents.
Une progression particulièrement rapide
Cette accélération intervient après une année 2025 déjà marquée par une forte progression. Les exportations non pétrolières émiraties vers le Gabon avaient augmenté de 27 % sur cette période.
Au premier semestre 2026, elles ont même plus que doublé par rapport à la même période de 2025. Parmi les principaux produits expédiés figurent notamment les parfums et autres biens de consommation, les distillats pétroliers ainsi que différents équipements industriels.
La tendance traduit une présence commerciale émiratie de plus en plus importante sur le marché gabonais.
Des échanges qui changent d'échelle
La dynamique ne concerne pas uniquement les exportations émiraties. Le commerce non pétrolier entre les deux pays a atteint 320,6 millions de dollars en 2025, soit environ 192,4 milliards FCFA. Ce volume représente plus du double du niveau enregistré en 2021.
Sur les six premiers mois de 2026, les échanges bilatéraux s'élevaient déjà à 141,7 millions de dollars, soit environ 85 milliards FCFA.
Ces chiffres témoignent d'un rapprochement économique qui s'est considérablement renforcé ces dernières années.
Le CEPA doit désormais accélérer les investissements
Cette progression intervient alors que les effets du CEPA, l'Accord de partenariat économique global signé le 6 février 2026 à Abu Dhabi, ne sont pas encore pleinement matérialisés.
L'accord prévoit notamment la réduction ou la suppression de certains droits de douane, la levée de barrières commerciales, un meilleur accès aux marchés des services et la facilitation des investissements.
L'objectif est de créer un environnement plus favorable à la circulation des marchandises, des services et des capitaux entre les deux pays.
Le Gabon veut rééquilibrer les échanges
La visite à Libreville, le 5 septembre, du ministre émirati du Commerce extérieur, Thani bin Ahmed Al Zeyoudi, accompagné de responsables publics et de chefs d'entreprise, intervient donc dans un contexte de forte accélération des échanges.
Pour le Gabon, le défi consiste désormais à transformer cette dynamique commerciale en investissements et en exportations supplémentaires.
Le pays dispose notamment de produits susceptibles de trouver davantage de débouchés aux Émirats, parmi lesquels le manganèse, le bois et le caoutchouc.
L'enjeu est donc de faire évoluer la relation vers un partenariat davantage équilibré : importer davantage de produits et d'équipements émiratis, mais aussi attirer les capitaux du Golfe et augmenter les exportations gabonaises.
Car si les ventes émiraties ont déjà dépassé en six mois leur niveau de toute l'année 2025, le prochain indicateur clé sera celui des investissements effectivement réalisés au Gabon.