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SÉNÉGAL : QUI PAIE ?

SÉNÉGAL : QUI PAIE ?
Le gouvernement sénégalais cherche à assainir ses finances publiques surendettées.

Au Sénégal, le gouvernement veut assainir les finances publiques sans davantage fragiliser les ménages. Mais avec une dette qui atteint 132 % et une économie sous pression, la question est désormais incontournable. Qui paiera le prix du redressement ?


Une équation économique à haut risque


Pendant plus de deux heures, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a présenté, mardi 8 septembre, devant l’Assemblée nationale, sa déclaration de politique générale. Au cœur de son intervention. Une situation financière particulièrement préoccupante.


Le chef du gouvernement a reconnu que le Sénégal est aujourd’hui 


« un pays pauvre actuellement très endetté ». 


Avec une croissance limitée à 2,2 % en 2025, des recettes fiscales inférieures aux attentes et un contexte international défavorable, l’exécutif veut désormais « reprofiler » la dette et renouer avec le Fonds monétaire international.


Mais derrière les chiffres se trouve une réalité beaucoup plus concrète. Huit millions de Sénégalais, soit environ 40 % de la population, sont considérés comme vulnérables ou pauvres.


La promesse de ne pas sacrifier le social


Face à cette situation, Ahmadou Al Aminou Lô veut rassurer. Le gouvernement promet de ne pas réduire les dépenses sociales destinées aux populations les plus fragiles.


L’exécutif mise plutôt sur un assainissement des finances publiques. Meilleure maîtrise de la masse salariale, suppression d’institutions jugées coûteuses et meilleur ciblage des subventions.


Mais cette promesse soulève une question essentielle. Comment réaliser des économies sans alourdir davantage le quotidien d'une population déjà confrontée à la vie chère ?


Car au regard dles débats sur la dette, le FMI ou la fiscalité, les Sénégalais attendent surtout des réponses sur leur pouvoir d’achat.


Le FMI, la dette et la facture pour les ménages


Le recours au FMI divise déjà jusque dans les rangs du Pastef. Certains députés dénoncent une stratégie qui pourrait compromettre la souveraineté économique du pays.


Le Premier ministre, lui, défend le réalisme. 


 « L’autarcie n’existe pas »


affirme-t-il, tout en promettant qu’il n’y aura pas


« d’ajustement sauvage ».


Reste le principal défi. Transformer cette promesse en réalité.


Si l’État doit se serrer la ceinture, qui devra faire l’effort ? Les plus riches, les entreprises, les contribuables ou les ménages ?


Au Sénégal, le véritable test du redressement ne se mesurera pas seulement dans les comptes publics. Il se mesurera aussi dans les marchés, les boutiques et les foyers. Car une économie peut être redressée sur le papier, mais si le coût de la vie explose, les Sénégalais risquent de considérer la facture comme trop lourde.

Par Pamphil

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