INVESTISSEMENT ANTI-COUPURES
La question a été au cœur d’une réunion de travail présidée mercredi au Palais du Peuple par le vice-président de la République, Nguema Obiang Mangue. Le Premier ministre, des représentants des ministères de l’Énergie et des Finances, la direction de SEGESA, compagnie nationale d’électricité, ainsi que des responsables de l’entreprise chinoise CMEC ont pris part aux échanges.
Une panne liée à une turbine
Les responsables techniques ont expliqué que les perturbations actuelles du réseau sont principalement liées au dysfonctionnement d’une turbine. Des inspections sont en cours afin d’établir précisément l’origine et l’ampleur de la panne avant d’engager les réparations nécessaires.
Préoccupé par les conséquences de ces coupures pour les ménages et les entreprises, Nguema Obiang Mangue a appelé à accélérer les interventions. Il a également insisté sur la nécessité de maintenir les usagers informés de l’évolution des travaux jusqu’au rétablissement complet de l’approvisionnement.
SEGESA confrontée aux impayés
Au-delà de l’incident technique, la réunion a mis en lumière les difficultés financières de SEGESA. Pour le vice-président, il est difficile d’exiger une amélioration constante du service si l’entreprise ne dispose pas des moyens nécessaires pour acheter des équipements, entretenir ses installations et intervenir rapidement en cas de panne.
L’exécutif entend donc renforcer le recouvrement des factures impayées. Des coupures pourront être appliquées, conformément à la réglementation, aux clients qui refusent de régler leurs dettes. Des échéanciers de paiement devraient parallèlement être facilités afin de permettre aux débiteurs de régulariser progressivement leur situation et de réduire les créances accumulées.
Le solaire chinois comme solution de long terme
Pour sortir de la dépendance aux équipements actuellement utilisés, le gouvernement examine également des solutions alternatives. En cas d’urgence, le recours au fioul pourrait notamment servir de source d’énergie de secours afin de répondre rapidement aux déficits de production.
Mais le projet le plus ambitieux vient de Chine. Beijing Weineng, ou BWI, a proposé d’investir 150 millions de dollars dans la construction de centrales photovoltaïques en Guinée équatoriale. L’électricité produite serait vendue à SEGESA puis injectée dans le réseau national.
Nguema Obiang Mangue a donné son feu vert au lancement des négociations et chargé le Premier ministre ainsi que les ministères concernés d’en examiner les modalités. Plusieurs paramètres devront toutefois être arrêtés. Localisation des centrales, capacité de production, raccordement au réseau, prix du kilowattheure et conditions d’achat par SEGESA.
Si les conditions techniques, économiques et juridiques sont jugées favorables, le gouvernement espère conclure l’accord avant la fin de l’année. Le projet pourrait devenir le deuxième investissement privé le plus important du pays et constituer une étape majeure dans la diversification du bouquet énergétique.
Moderniser l’éclairage et protéger les infrastructures
La réunion a enfin abordé la modernisation progressive de l’éclairage public grâce à la technologie LED. L’exécutif veut également s’attaquer au vol de câbles et de matériels électriques, un phénomène qui provoque des pertes économiques, prive certains quartiers d’éclairage et fragilise des infrastructures essentielles.
À travers ces mesures, le gouvernement veut aller au-delà du simple rétablissement du courant. L’ambition affichée est de bâtir un système électrique plus robuste, capable d’assurer une alimentation fiable et continue, indispensable à la population comme au développement économique de la Guinée équatoriale.