DIVERSIFICATION PAYANTE
Le hors-pétrole prend le relais Le signal le plus intéressant se trouve dans la structure même de l’activité. Alors que le secteur pétrolier a reculé en 2025, l’économie gabonaise a néanmoins progressé de 3,2 %. Cette résistance s’explique notamment par la progression du secteur hors pétrole. Ce découplage relatif est important. Il indique que les moteurs de l’économie commencent à se diversifier, même si la transformation reste inachevée. L’enjeu n’est donc plus seulement de produire des matières premières, mais de faire émerger autour d’elles davantage d’activités industrielles, logistiques et de services. C’est précisément sur ce terrain que s’inscrit l’action engagée sous l’impulsion du président Oligui Nguema et de son gouvernement. Le Plan National de Croissance et de Développement a placé les infrastructures, l’énergie, les transports et les secteurs sociaux au cœur de l’effort public. Du sous-sol à la valeur ajoutée La stratégie se lit également dans les perspectives annoncées pour les prochaines années. Manganèse, bois, minerai de fer. Le Gabon entend mieux exploiter la diversité de son potentiel naturel, tout en renforçant la transformation locale. L’objectif dépasse ainsi la simple augmentation des volumes extraits. Il s’agit de conserver davantage de valeur sur le territoire, de soutenir l’emploi et de créer un tissu économique capable de réduire progressivement la vulnérabilité du pays aux cycles pétroliers. Le projet de budget pour 2027 traduit cette ambition avec une croissance projetée de 4,5 %, portée davantage par les activités hors pétrole. Cette orientation donne une cohérence économique au PNCD et inscrit la diversification dans une programmation de moyen terme. Une nouvelle équation économique Le mérite de cette trajectoire est surtout de déplacer le débat. Le pétrole demeure stratégique, mais il ne doit plus constituer l’unique récit de l’économie gabonaise. Le président Oligui Nguema et tout le gouvernement gabonais disposent ainsi d’un chantier déterminant. Transformer les investissements publics, les ressources naturelles et les réformes en capacités productives durables. La réussite se mesurera moins aux annonces qu’à la capacité du Gabon à créer de la valeur localement. C’est là que se jouera le véritable pari de la diversification.