ÉPINGLÉS POUR IRRÉGULARITÉS
Des établissements épinglés dès les premières inspections
Le complexe scolaire Erudit, situé à Owendo, a constitué l'une des premières étapes de cette opération de contrôle. Les inspecteurs y ont découvert une situation préoccupante. L'établissement se réclame du système éducatif français, sans toutefois figurer sur les listes officielles correspondantes.
Pour les autorités éducatives, le respect des programmes nationaux ne saurait être facultatif.
«Les instructions de de madame la ministre d'État sont claires. C'est que les établissements primaires, les EPL primaires doivent faire le programme gabonais obligatoirement. Et là, la rentrée est lancée. Les parents ont déjà inscrits les enfants. Et c'est maintenant que vous passez à la phase de répression. Pourquoi ? Je savais que cette question allait nous être posée parce que il faut savoir que dès la rentrée, dès le début de la rentrée, j'ai eu moi-même deux ou trois réunions avec les promoteurs d'établissement qui font le programme français. J'ai rappelé la le communiqué de madame la ministre de d'État et je leur ai dit que nous allons contrôler les établissements qui ne sont pas conformes »
a rappelé Joachim Ondjila, inspecteur des services à Gabon 1ère.
Cette exigence intervient alors que les inscriptions sont déjà achevées et que les cours ont commencé. Une situation qui suscite des interrogations chez les parents, dont les enfants risquent de subir les conséquences de ces irrégularités.
Des avertissements avant les sanctions
Face aux critiques concernant le calendrier des inspections, les responsables du contrôle assurent que les établissements concernés avaient été prévenus. Des rencontres auraient été organisées dès la rentrée avec les promoteurs des écoles proposant le programme français.
« J'ai moi-même eu deux ou trois réunions avec les promoteurs d'établissement qui font le programme français. Je leur ai rappelé le communiqué de madame la ministre d'État »
a précisé l'inspecteur.
Désormais, les autorités entendent passer des avertissements aux mesures coercitives. Cette fermeté vise à contraindre les établissements concernés à se conformer aux exigences nationales.
La souveraineté éducative au cœur du débat
Au lycée Sainte-Thérèse de Jésus, situé au centre-ville de Libreville, les inspecteurs ont relevé une autre anomalie. L'absence apparente de conformité aussi bien au programme gabonais qu'au programme français.
L'établissement se présenterait comme partenaire du Centre national d'enseignement à distance (CNED), une appellation qui, selon les inspecteurs, ne correspond à aucune catégorie reconnue par la réglementation gabonaise.
«Saint- Thérèse a inventé une norme de partenaire du CNED (Centre national d'éducation à distance.). Il n'y a pas cette qualité dans la réglementation gabonaise. Ça n'existe pas. Alors, il va falloir regarder ça de très près. Il y a une question de souveraineté. Les établissements font le programme français. Il n'y a même pas le président de la République dit le Gabon vers la félicité. Est-ce que nous irons vers la félicité en ne faisant que le programme français sans s'intéresser à la citoyenneté gabonaise ? »
a souligné e second intervenant , avant de s'interroger sur la place accordée à la citoyenneté gabonaise dans les établissements privilégiant les programmes étrangers.
Au-delà des irrégularités administratives, cette opération soulève donc une question fondamentale. Quelle place l'école privée doit-elle accorder à l'identité nationale et à la formation citoyenne ?
Un contrôle élargi aux enseignants
Les inspections ne se limiteront pas aux programmes scolaires. Les autorités entendent également vérifier les qualifications des personnels, les contenus pédagogiques et les conditions de fonctionnement des établissements.
En investissant directement les écoles, le ministère entend renforcer le contrôle de l'enseignement privé. L'interrogation qui brûle les lèvres est celle de savoir si ces inspections déboucheront sur des sanctions effectives et, surtout, sur une amélioration durable de la qualité de l'éducation au Gabon.