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96 % DES SUBVENTIONS

96 % DES SUBVENTIONS
Banque mondiale : les subventions carburant au Gabon profitent aux riches.

Selon la Banque mondiale, les aides publiques destinées à maintenir les prix de l’essence et du gasoil à des niveaux accessibles bénéficient essentiellement aux ménages les plus fortunés. Dans sa Revue des finances publiques du Gabon 2026, publiée le 29 septembre, l’institution recommande une réforme progressive de ces subventions, accompagnée de mesures sociales pour préserver le pouvoir d’achat des populations les plus fragiles.


Des milliards de FCFA profitent aux ménages aisés


Le constat dressé par la Banque mondiale soulève des interrogations sur l’efficacité de la politique gabonaise de soutien aux prix des carburants. Alors que ces subventions sont notamment justifiées par la nécessité de protéger les consommateurs contre la cherté de la vie, leur répartition profite davantage aux catégories sociales les plus favorisées.


D’après les données de l’institution, 96 % des dépenses consacrées aux subventions de l’essence et du gasoil bénéficient à la moitié la plus riche de la population. Autrement dit, les ménages modestes, pourtant particulièrement exposés aux difficultés économiques, ne profitent que marginalement de ce mécanisme.


Cette situation interroge sur la pertinence d'un dispositif qui mobilise d'importantes ressources publiques sans atteindre suffisamment les populations auxquelles il est censé venir en aide.


Un poids considérable pour les finances publiques


En 2024, les subventions aux carburants ont représenté environ 1 % du produit intérieur brut (PIB) gabonais. Cette enveloppe équivaut pratiquement aux dépenses nationales consacrées à la santé et dépasse le tiers des crédits alloués à l’éducation, lesquels représentent 2,9 % du PIB.


Pour la Banque mondiale, ces sommes considérables pourraient être utilisées plus efficacement. En maintenant des prix artificiellement bas, l’État soutient également la consommation de produits importés, sans nécessairement stimuler la production nationale.


Le problème est donc double. Les ressources publiques bénéficient principalement aux ménages aisés et limitent simultanément les capacités de financement d’autres secteurs prioritaires. La santé, l’éducation et les politiques de réduction des inégalités pourraient ainsi pâtir de cette répartition des dépenses.


Une réforme progressive pour éviter un choc social


Pour autant, l’institution financière internationale ne recommande pas de supprimer brutalement les subventions. Une telle décision risquerait d’alourdir les dépenses quotidiennes des ménages et de fragiliser davantage les populations aux revenus modestes.


Elle privilégie plutôt une réduction progressive, accompagnée de dispositifs de protection sociale efficaces. La première étape consisterait à établir un registre social fiable, capable de recenser précisément les ménages vulnérables et de déterminer les bénéficiaires des aides publiques.


Les économies réalisées grâce à cette réforme pourraient ensuite financer des transferts monétaires directs, renforcer les soins de santé primaires et améliorer les moyens consacrés à l’éducation.


Les transporteurs au cœur des mesures compensatoires


La question des transports constitue également une préoccupation majeure. Les taxis, y compris ceux qui exercent dans l’informel, représentent un moyen de déplacement essentiel pour une grande partie des Gabonais.


La Banque mondiale propose donc d’accorder, pendant une période limitée, des aides spécifiques aux secteurs les plus exposés. L’identification et l’immatriculation des taxis informels figurent notamment parmi les mesures susceptibles de faciliter ce ciblage.


Sur le plan budgétaire, la loi de finances initiale de 2026 prévoyait de limiter les subventions à 12 milliards de FCFA. Toutefois, la loi de finances rectificative a relevé cette enveloppe à 55 milliards de FCFA, soit environ 0,4 % du PIB. En juillet 2026, les réformes envisagées n’avaient toujours pas été adoptées.


Pour la Banque mondiale, l’enjeu consiste désormais à concilier assainissement des finances publiques et protection du pouvoir d’achat. Une réforme bien conduite permettrait de dégager des ressources supplémentaires et de les affecter plus directement aux besoins essentiels des Gabonais.

Par Pamphil

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