KIDAL ABANDONNÉE
Cette avancée intervient au terme d’une opération militaire préparée depuis plusieurs jours. Durant le week-end, les Forces armées maliennes (Fama) avaient consolidé leurs positions à Anéfis et Aguelhoc, deux localités situées sur les axes menant vers Kidal. Une importante colonne militaire a quitté Anéfis dans la matinée. Près de 120 véhicules transportaient des soldats maliens, des membres de l’Africa Corps russe ainsi que des combattants du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA) et du Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia), désormais associés aux forces gouvernementales. Bamako revendique une vaste opération Dans un communiqué publié mardi à la mi-journée, l’état-major malien a officiellement annoncé le lancement d’une opération militaire de grande ampleur dans la région de Kidal. Les forces maliennes affirment agir avec l’appui de leurs « partenaires russes » et expliquent vouloir éliminer les groupes armés qualifiés de terroristes, détruire leurs bases et rétablir la sécurité dans la région. L’objectif affiché est également de permettre aux populations de circuler de nouveau librement dans cette zone du nord du Mali, longtemps marquée par l’instabilité et les affrontements entre forces gouvernementales, groupes indépendantistes et organisations jihadistes. Le communiqué militaire ne donne toutefois pas de détails sur le déplacement de la colonne partie d’Anéfis. Le FLA annonce un retrait sans combat De son côté, le FLA a confirmé son départ de Kidal. Le mouvement indépendantiste parle d’un « repli stratégique » présenté comme une décision destinée à éviter davantage de pertes humaines. Dans son communiqué, le groupe explique avoir voulu protéger les habitants encore présents dans la ville et conserver ses capacités militaires et logistiques. Ce retrait permet ainsi aux forces maliennes et à leurs alliés russes de pénétrer dans Kidal sans devoir livrer de bataille pour en reprendre le contrôle. La reconquête de la ville revêt une dimension hautement symbolique pour les autorités de transition maliennes. La perte de Kidal, lors des événements d’avril dernier, avait constitué un revers majeur pour l’armée. Une ville largement désertée Au moment de cette reprise, Kidal présente toutefois le visage d’une ville largement vidée de ses habitants. Une grande partie de la population avait déjà quitté les lieux en 2023, lors de l’avancée des forces maliennes accompagnées de combattants russes. Depuis la prise de contrôle de Kidal par le FLA et ses alliés du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda, la ville a régulièrement fait l’objet d’opérations aériennes. Les bombardements se sont notamment intensifiés depuis le dimanche 4 octobre. Des frappes ont visé Kidal et ses environs, tandis que des drones auraient également frappé des positions à Tinzaouatène, près de la frontière algérienne. Des accusations contradictoires sur les frappes L’armée malienne affirme avoir mené des « frappes de précision » et annonce la neutralisation de plusieurs combattants jihadistes. Le FLA conteste cette version et accuse, pour sa part, les forces gouvernementales d’avoir touché des zones civiles. Le mouvement évoque notamment des commerces, des habitations ainsi qu’une gare routière fréquentée par des migrants et des chercheurs d’or. À ce stade, aucun bilan indépendant permettant de confirmer le nombre de victimes ou l’ampleur exacte des dégâts n’a pu être établi. La reprise de Kidal marque néanmoins une nouvelle étape dans le conflit qui oppose les autorités maliennes aux groupes armés du nord.