INERTIE BUREAUCRATIQUE
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Pays: Gabon
Députés gabonais, le budget 2025 révèle un dysfonctionnement étatique majeur.
Le gouffre de la Mission 30, de l'argent bloqué dans les rouages
Au cœur des débats, les chiffres présentés par l'exécutif ont dévoilé des niveaux d’exécution extrêmement contrastés. Si certains secteurs affichent des performances comptables rassurantes, la Mission 30, dédiée aux « Dépenses transversales », cristallise toutes les inquiétudes. Sur une enveloppe prévisionnelle de 225,2 milliards de francs CFA, seuls 110,9 milliards ont été ordonnancés. Pire encore, le montant des règlements effectifs s'établit à un faible 65,3 milliards de francs CFA.
Ce décalage technique se traduit par un chiffre implacable. Un taux d’exécution en base caisse d’à peine 29 %. Concrètement, cela signifie que plus des deux tiers des fonds prévus pour des interventions publiques n'ont jamais quitté les caisses de l'État. Cette lenteur bureaucratique Grid-claque le déploiement des politiques publiques et gèle des ressources pourtant vitales.
La frustration des députés face aux « irrégularités récurrentes »
Face à ce constat, la Représentation nationale a exprimé une vive exaspération. Le contrôle budgétaire a posteriori ne doit plus être une simple formalité administrative, mais un examen de conscience pour le gouvernement. La sixième vice-présidente de l’Assemblée nationale, Huguette Tsono, a directement pointé du doigt ces défaillances en plaidant pour « le renforcement de la transparence dans l’exécution des crédits ». Elle a vivement déploré des « irrégularités récurrentes » qui reviennent chaque année sans qu'aucune correction structurelle ne soit apportée.
Cette inertie administrative passe de moins en moins auprès d'élus fatigués des promesses sans lendemain. Les procédures d'ordonnancement complexes et les circuits de paiement grippés apparaissent désormais comme les principaux obstacles au développement du pays.
L'urgence sociale face à la rhétorique administrative
Pendant que l'administration se prend les pieds dans ses propres procédures, la réalité du terrain reste marquée par la précarité. La députée Armelle Yembi Yembi s'est faite la voix des sans-voix en rappelant l'urgence des besoins des populations. Pour elle, le gouvernement ne peut plus se réfugier derrière des justifications comptables.
« Le gouvernement doit trouver des mécanismes pour renverser cette courbe. Dans cette situation, l’urgence des besoins des populations nous oblige ».
Le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga M. Ndiaye, a enfoncé le clou en appelant à une rupture nette avec les habitudes politiques.
« Ne restons pas dans la rhétorique. Nous devons construire notre pays ».
Cet examen budgétaire montre qu'il ne suffit plus de voter des budgets ambitieux. Il faut désormais réformer la bureaucratie pour que chaque franc CFA prévu serve effectivement l'intérêt public.