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COMMERCE, VIE CHÈRE

COMMERCE,  VIE CHÈRE
Commerce et vie chère , Eyeghe lutte pour le pouvoir d’achat.

Le couperet est tombé un dimanche soir, à la surprise générale. Le 11 octobre 2026, le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, a profondément remodelé l’ossature de l'exécutif gabonais. Le verdict de ce réajustement majeur est manifeste. 8 nouveaux visages font leur entrée fracassante dans une équipe désormais portée à 33 membres. Mais au-delà du traditionnel jeu des chaises musicales, c'est un message politique d’une rare directivité qui traverse le Gabon de Libreville jusqu'à l'arrière-pays. Fini le temps des discours feutrés sous les moulures des ministères, fini le confort des fauteuils en cuir et de la climatisation poussée au maximum. Pour ces huit nouveaux promus, la feuille de route dictée par le gouvernement tient en un mot d'ordre martial. Le terrain. Ils n'ont pas été nommés pour jouir des privilèges du pouvoir, mais pour devenir des ouvriers du développement, visibles, accessibles et comptables de leurs moindres faits et gestes face à des urgences sociales explosives


Urgences sociales, sortir des bureaux pour éteindre le feu du quotidien


Parmi les nominations scrutées à la loupe, celle d'Emmanuel Eyeghe Nze incarne parfaitement cette rupture de style. Propulsé au poste stratégique de Ministre du Commerce, de l'Industrie et de la Transformation, tout en assumant la lourde charge de porte-parole du gouvernement, il hérite d'une véritable patate chaude. Pour l’opinion publique, son évaluation se fera au cœur des marchés de Libreville, de Mont-Bouët à Oloumi. Sa mission immédiate ? Quitter le confort de son cabinet pour traquer la spéculation sur les prix, contrôler l'application des mercuriales et soulager directement le panier de la ménagère contre la vie chère. Au même moment, Raïssa Nana épouse Ghogho, fraîchement installée au ministère des Affaires sociales, devra immédiatement chausser ses bottes. Sur sa table repose le dossier brûlant de la précarité croissante des familles gabonaises et du paiement des pensions des rétraités. Le sommet de l'État n'attend pas d'elle des rapports statistiques, mais une présence humaine et des solutions d'urgence sur le terrain pour les populations les plus vulnérables des quartiers sous-intégrés. 


Eau, Énergie et Travaux publics, le commando des infrastructures de base


S'il est un secteur où l'exigence de terrain est absolue, c'est bien celui des infrastructures de base, gangréné par les plaintes des usagers. Nommé Ministre de l'Accès universel à l'Eau et à l'Énergie, Olivier Mouckocko prend la tête d'un département en crise profonde. Son bureau ne sera pas à Libreville, mais sur les sites de production, au chevet des turbines de la SEEG, le long des canalisations défectueuses et dans les foyers excédés par les délestages chroniques et les pénuries d'eau potable. À ses côtés, Lambert Mouvinde Millot prend les commandes du Ministère des Travaux publics. Le chantier qui l'attend est colossal. L'état de dégradation avancée du réseau routier national et des voiries urbaines de la capitale. Pour lui, la récréation est terminée. Les Gabonais veulent le voir inspecter les chantiers sous la pluie, relancer les routes enclavées de l'intérieur du pays et exiger des comptes des entreprises de BTP adjudicataires des marchés publics. 


Ressources et biodiversité, une gestion de proximité pour l'avenir du pays


Le secteur économique et environnemental voit également émerger de nouvelles figures condamnées à l'efficacité immédiate. Au Ministère de la Pêche, Georges Christian Waza devra sans tarder quitter les salons feutrés pour aller à la rencontre des syndicats de pêcheurs artisanaux. Ses défis majeurs consistent à structurer la filière locale, lutter contre la pêche illégale qui pille nos eaux territoriales et garantir que le poisson gabonais alimente d'abord, et à un prix abordable, les étals nationaux. La transition écologique, quant à elle, prend un virage pragmatique avec la nomination de Stephen Olouna Mouba au Ministère de l'Environnement et du Climat. Loin des grandes conférences internationales, son véritable travail l'attend dans les forêts du bassin du Congo, auprès des communautés locales confrontées au conflit homme-faune et sur le front de la lutte contre la pollution industrielle. Enfin, pour maximiser l'attractivité du pays, Axel Jesson Ayenoue s'empare du ministère du Tourisme. Son défi est immense. Sortir le tourisme gabonais de sa léthargie théorique en développant concrètement les sites écotouristiques et en rendant la destination Gabon attractive et accessible. 


Sécurité publique et crise des services, relever les défis régaliens


L'appareil sécuritaire et administratif se renforce avec l'arrivée de Malcom Emery Djenno Ngomanda, nommé ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation. Sa feuille de route est sécuritaire et territoriale. Restaurer l'autorité de l'État, appuyer la lutte contre le grand banditisme urbain et accélérer la décentralisation pour que l'administration publique cesse d'être une exclusivité librevilloise. Si ce remaniement touche l'Intérieur, l'ombre des grands chantiers nationaux plane inévitablement sur d'autres secteurs vitaux comme l'Éducation nationale. Bien que le ministre de tutelle doive s'appuyer sur cette impulsion globale, la crise y est structurelle. L'absence criante d'enseignants dans les collèges et les lycées du Gabon, notamment à l'intérieur du pays, combinée à la baisse drastique du niveau des élèves, exige des réformes de terrain immédiates. Le gouvernement dans son ensemble est sommé de sortir des bureaux pour redresser l'école gabonaise et redonner confiance aux parents d'élèves. 


Le temps de l'action, le thermomètre du succès se mesurera à l'extérieur


Au Gabon, le scepticisme ambiant face aux promesses politiques pousse le citoyen à réclamer des preuves tangibles. En injectant ces huit forces neuves, le gouvernement gabonais cherche à recréer un lien de confiance organique avec la population. Brice Clotaire Oligui Nguema l'a souvent répété. L'exécutif se jugera à sa capacité à transformer à court terme le quotidien des Gabonais. Les huit nouveaux ministres ont désormais leurs feuilles de route entre les mains. Pour eux, le succès ne se mesurera pas au nombre de communiqués lus à la télévision, mais aux kilomètres parcourus à travers les provinces, aux marchés régulés, aux infrastructures réparées et aux services publics restaurés. Le peuple observe, Facebook s'enflamme déjà, et la rue attend de voir ces nouveaux visages à l’œuvre, là où bat le véritable cœur du Gabon. Sur le terrain. 


Les urgences du quotidien


La nomination d'Emmanuel Eyeghe Nze au poste de ministre du Commerce et porte-parole du gouvernement est accueillie par une attente urgente de résultats face à la vie chère à Libreville. Les citoyens placent le nouveau dirigeant devant trois chantiers prioritaires dès cette semaine. Le plafonnement du prix du sac de riz, la régulation du coût du transport urbain et la révision des taxes asphyxiantes sur les marchés de Mont-Bouët et d'Oloumi. 


L’action immédiate du ministre est exigée sur des produits et services de base qui pèsent lourdement sur le budget des ménages. Le contrôle du prix du riz et des tarifs des transports dans la capitale constitue le premier test de crédibilité de sa mandature.  

Par Pamphil

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