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DÉFI ENSEIGNANT

DÉFI ENSEIGNANT
Jacqueline Bignoumba face au défi de la pénurie d'enseignants.








Jacqueline Ilogué épouse Bignoumba pourra-t-elle réussir à mettre fin à la pénurie d’enseignants ? La question brûle les lèves. Entre classes privées de professeurs, programmes scolaires menacés et absences volontaires ou involontaires, la nouvelle ministre de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique hérite d’un chantier crucial. Jacqueline Ilogué épouse Bignoumba pourra-t-elle rétablir la continuité pédagogique dans les établissements du pays ? Au-delà des déclarations d’intention, les élèves et les parents attendent désormais des résultats concrets.



Une pénurie qui fragilise les apprentissages



Au Gabon, la question du manque d’enseignants dans les collèges et les lycées constitue une préoccupation majeure pour les familles, les élèves et les communautés éducatives. De Libreville à Owendo, en passant par les établissements de l’intérieur du pays, le problème de la disponibilité des professeurs soulève des inquiétudes quant à la qualité de l’enseignement et à l’égalité des chances.



Dans certaines classes de sixième, cinquième, quatrième, troisième, seconde et première, des élèves peuvent se retrouver privés d’un ou de plusieurs enseignants pendant des périodes plus ou moins longues. L’absence d’un professeur d’anglais en classe de cinquième, d’un enseignant de sciences de la vie et de la Terre (SVT) en quatrième, ou encore d’un professeur de français ou de mathématiques dans un collège de Libreville ou de l’intérieur du pays, n’est pas un simple contretemps administratif. Elle peut compromettre l’acquisition des connaissances fondamentales.



La situation devient particulièrement préoccupante lorsque les disciplines concernées sont indispensables à la réussite scolaire. Comment demander à un élève de maîtriser un programme qu’il n’a pas pu étudier au cours d'une année académique dans une classe de son cursus scolaire ?



Les classes d’examen, une urgence nationale



Si les classes intermédiaires sont touchées, les classes d’examen méritent une attention particulière. En troisième, les élèves préparent le brevet d’études du premier cycle. Au lycée, ceux de terminale se préparent au baccalauréat, un diplôme déterminant pour la poursuite des études supérieures.



Chaque année scolaire sans professeur entraîne un retard difficile à rattraper. Les élèves les plus favorisés peuvent éventuellement recourir aux cours particuliers, tandis que les familles modestes n’ont pas toujours cette possibilité. La pénurie d’enseignants risque ainsi de renforcer les inégalités scolaires.



Mais le problème ne concerne pas uniquement les examens. Un élève de sixième qui ne consolide pas ses bases en français ou en mathématiques peut rencontrer des difficultés durables au fil de sa scolarité. Les lacunes accumulées en quatrième ou en seconde peuvent également peser sur les résultats des années suivantes.



Jacqueline Ilogué épouse Bignoumba face à ses responsabilités



La ministre de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique, Jacqueline Ilogué épouse Bignoumba, arrive donc à la tête d’un secteur où les attentes sont fortes. Sa réussite dépendra notamment de sa capacité à établir un diagnostic précis des besoins, à répartir équitablement les personnels et à mettre en place des réponses rapides dans les établissements les plus affectés.



Il ne suffira pas d’annoncer de nouvelles mesures ou de multiplier les réunions. Il faudra identifier les disciplines déficitaires, connaître les effectifs réellement disponibles et déterminer les établissements où des classes restent durablement sans enseignants.



Une cartographie nationale des besoins, actualisée régulièrement, permettrait de distinguer les postes vacants, les affectations non exécutées, les départs non remplacés et les absences temporaires. Elle aiderait également à orienter les recrutements vers les matières et les zones géographiques les plus fragiles.



Absences volontaires et involontaires, distinguer les responsabilités



La pénurie ne saurait être analysée sans examiner la question des absences des enseignants. Certaines peuvent être involontaires. Maladie, obligations administratives, difficultés de transport, affectations tardives ou situations personnelles justifiées. D’autres peuvent résulter de comportements volontaires, notamment lorsque des absences injustifiées se répètent.



Il serait toutefois injuste de mettre tous les enseignants dans le même panier. Avant toute sanction, l’administration doit établir les faits, vérifier les motifs et respecter les procédures applicables. En parallèle, les absences injustifiées avérées doivent faire l’objet d’un suivi rigoureux.



L’État a également des obligations. Les retards administratifs, les conditions de travail difficiles, le manque de moyens ou une mauvaise organisation des affectations peuvent contribuer aux dysfonctionnements. La responsabilité doit donc être recherchée avec méthode, sans complaisance ni accusation collective.



Quelles solutions pour rétablir les cours ?



La nouvelle ministre pourrait engager un plan d’urgence reposant sur plusieurs priorités. Recenser les classes sans professeurs, redéployer temporairement les enseignants disponibles, accélérer les affectations, organiser des remplacements et renforcer le contrôle de la présence effective dans les établissements.



À moyen terme, le recrutement et la formation doivent être adaptés aux besoins réels du système éducatif. Les disciplines déficitaires doivent être identifiées à partir de données fiables, tandis que les établissements de l’intérieur du pays doivent bénéficier d’une attention particulière afin de limiter les déséquilibres territoriaux.



Des mécanismes de suivi associant les chefs d’établissement, les inspections pédagogiques, les enseignants et les représentants des parents permettraient de mesurer les progrès accomplis. Les autorités devraient aussi publier des indicateurs simples. Nombre de classes sans professeurs, postes pourvus, heures de cours perdues et délais de remplacement.



Réussira-t-elle ou échouera-t-elle ?



Jacqueline Ilogué épouse Bignoumba pourra-t-elle inverser une tendance qui menace les apprentissages et inquiète les familles ? Saura-t-elle apporter des réponses concrètes aux élèves de sixième, de troisième, de seconde et de terminale qui attendent leurs professeurs, parfois dans des matières essentielles ?



L’échec n’est pas une fatalité, mais la réussite ne se décrète pas. Elle dépendra de la volonté politique, des moyens mobilisés, de la rigueur administrative et de la capacité à associer les personnels éducatifs à la recherche de solutions.



Au Gabon, l’enjeu dépasse la seule gestion des ressources humaines. Il touche à l’avenir de la jeunesse et à la crédibilité de l’école publique. La ministre sera jugée non sur ses intentions, mais sur les résultats observables dans les salles de classe.



Le véritable indicateur de réussite sera simple. Chaque élève doit pouvoir bénéficier, tout au long de l’année scolaire, des enseignements prévus au programme. Pour Jacqueline Ilogué épouse Bignoumba, le défi est immense. Le temps des constats doit désormais céder la place à celui des actes.











Par Pamphil

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